Constructionpour diminuer larapidité des chû-tes.
Z96 CANAUX DE NAVIGATION, Chap. XIV.
y éprouvent. Si , comme on ne peut s’en diípenfer, on entreprend de les fairetourner précipitamment pour éviter un choc terrible, & pour enfiler la direc-tion du canal inférieur, ils ne courront pas des risques moins grands dans cetteopération, où la rapidité de l’eau Sc les bouillonnement occasionnés pariachute, peuvent submerger le bateau pendant qu’ii tourne. M. Tréíaguet aobservé que l’excès de vîteífe occasionné par une chute de trois à quatre pieds,est encore très-fensible à la distance d’environ soixante toiles, & que ce n’estqu à cette distance que les Matelots peuvent, lans courir de risque,& lans éprouverune trop forte résistance , gouverner les gabares & les faire tourner, s’il estnéceflàire, pour ne point frapper les bords. D après cette expérience, il aplacé tous les pertuis de façon que le canal inférieur fût toujours continuédans la direction du bajoyer, íur un alignement au moins de 60 à 80 toisesde longueur , Sc plus encore lorsqu il a été possible. Au moyen de cette pré-caution, il a prévenu entièrement des dangers qui occasionnent íouvent laperte des gabares. Relativement à ce choix dans la direction des pertuis, A laposition des pas, il y avoit eu des projets de flottage pour M. le Comte deBroglie, où la distance des pertuis au rivage n’avoit pas même la longueurordinaire des gabares, qui ont communément fur la baise Charente, de 9 yà 98 pieds de longueur, y compris le gouvernail, eníorte que la proue tou-cheroit le bord avant que la pouppe fût sortie du pertuis. Il est évident queces travaux qui ont pu suffire au flottage, ne peuvent jamais servir à la navi-gation , Sc que pour rendre celle-ci facile Sc sûre, les canaux ne íàuroient êtrecontinués fur une trop grande longueur dans la direction de l’allignement desbajoyers.
494. M. Tréíaguet a voulu auísi éviter les chûtes trop rapides en faiíàntcouler seau entre de longs bajoyers : la plus grande partie des pertuis fur labafle Charente Sc fur les autres rivières navigables, ne íont que de simplesouvertures pratiquées dans les digues ; & lorfqu’on ôte les aiguilles ou lespoutrelles qui serment ces ouvertures , l’eau íè précipite íàns obstacle dans lecanal inférieur de toute la hauteur de la chûte, Sc forme une véritable cascade;la direction de 1 eau qui est presque verticale , produit des bouillonnemens.au bas de la chûte ; ces bouillonnemens creusent le fond , Sc occasionnentplus loin des eníàbiemens qui deviennent encore un nouvel embarras ; lors-que le bateau franchit avec rapidité ces eípèces de cascades, la proue nécefíàiremënt très-inclinée fe plonge dans l’eau, Sc íouvent il en entre dans lebateau, au point qu il n’est pas íàns exemple que des gabares ayent coulé àfond par cette feule cauíè ; Sc tout au moins le Marinier qui est íur la prouepour gouverner, est en grand danger d’être renversé & noyé. Ces bouillon-nemens, qui s'étendent aífez loin , font encore un obstacle à ce que les Mate-lots puiíïènt gouverner la gabare Sc la faire tourner, ce qui augmente infini-ment le danger dont on a parlé à l’article précédent, lorsque le canal au-deífous du pertuis, n’est pas continué en ligne droite íur une aífez grandelongueur.
Les bateaux courent un autre risque dans ces cascades, soit lorfqu’ils
descendent