39S
NORMANDIE, P O I T O U, &c.
des accidens fréquens , Sc fait périr chaque année plusieurs bateaux.
Enfin les permis avoient besoin d etre perfectionnés relativement à la ma-nière de les fermer : fusage des aiguilles perpendiculaires ou des poutrelleshorizontales, a le désavantage de laisser en tout temps échapper une très-grandequantité d eau, d’exiger beaucoup de temps pour ôter Sc replacer ces pointeauxou ces bouchures, sur-tout d’exposer les Matelots chargés de ce service,qui risquent leur vie , Sc y périsient très-souvent.
M. Trésaguet, dans ses nouveaux permis sor lá Charente , remédie à tousces inconvéniens, par la manière de les placer , par la direction des canauxqui y aboutissent, par la construction des bajoyers qui modèrent la chute, Scpar des portes-batantes, Sc des vannes dune construction nouvelle.
492. Quant à la situation des permis , il falloit nécestairement se íèrvir descanaux de dérivation, creusés vers les moulins existans fur la rivière, pourépargner la dépense d’en ouvrir de nouveaux ; la Charente coule dans desprairies où le terrein est précieux , depuis Sivray jusqu’à Cognac fur unelongueur d’environ cent milles ; mais comme la rivière a presque par-toutfur ses bords la même profondeur, à peu près, que dans le milieu de ioncours, M. Trésaguet a profité de cette circonstance pour placer le plus fou- Les permis furievent les permis fur le bord même de la rivière,au point le plus haut des digues, boiddela 1JV ‘ ere •& le plus éloigné des moulins ; cette position réunit plusieurs avantages ,i 0 ,le passage des gabares cause moins d’incommodité aux moulins Sc les faitchômer moins long-temps.
2 0 , La manœuvre Sc le service de l’écluse en devient infiniment plus fa-cile ; puisqu’un des bajoyers tenant toujours au rivage , les Matelots Sc lesEclusiers n ont aucune peine à aborder & à se placer fur les bajoyers pourouvrir commodément les portes. On place le cabestan qui sert à remonterles bateaux dans i’endroit du rivage le plus avantageux , pour que le cablefasse avec la direction de seau Sc la longueur du bateau, le plus petit anglepossible ; il est aussi beaucoup plus facile d’attacher Sc de détacher les ca-bles qui fervent à tirer les bateaux, d’atteler & de detteler les animaux quifervent au hallage. Si au contraire les permis étoient au milieu de la ri-vière , ils ne seroient abordables que par des digues étroites, su jettes à êtrecouvertes d’eau pour peu que la rivière grossît, de façon que les difficultésSc les dangers du service des permis augmenteroient dans les temps ou la rivièreinvite le plus à la navigation.
La situation des permis de la Charente procure encore plus de facilité, plusd’économie & plus de solidité dans la construction ; on a le plus souvent l’avan-tage de pouvoir construire Sc fonder en terre ferme la totalité ou du moinsla moitié de l’ouvrage.
49Z- Mais il faut que le canal soit continué, de maniéré que la direc- Nécessité de po-tion de 1 eau ne jette pas les bateaux contre les bords; car non-soulement, d°un permis,il se fait des affouiilemens à f opposite du permis, dans les héritages qui sontexposés au cours de seau ; mais les bateaux entraînés par la rapidité du cou-rant, sont dans un danger évident d etre brisés ou renversés par le choc qu’ils