40 © CANAUX DE NAVIGATION, Chap. XIV.
conséquent Ton n’a aucun frottement à craindre; il en réíùlte encore que l'af-semblage des portes ne ídufíxe point par l’effet de leur poids, íì ce n est dansle peu de temps quelles restent ouvertes, ce qui doit beaucoup contribuer àles faire durer. Pour éviter f inconvénient des sables ou des vases , qui pour-roient s’introduire dans les creux des crapaudines, & gêner les mouvemensdes pivots, M. Tréíàguet a renversé la situation de ces pièces ; il a placé le pi-vot en bas, en le scellant dans le seuil, c’est la crapaudine qui est attachée aubas du poteau , & qui sert d’axe pour faire tourner les portes. Par ce moyen,il ne peut point s’amafler d’immondices entre la crapaudine & le pivot ; l’on ytrouve encore l’avantage de pouvoir simplifier la forme de la crapaudine, quife réduit à une simple concavité íphérique d un rayon un peu plus grand quela convexité du pivot, íùr lequel elle doit porter.
Pour ouvrir les portes , on commence par lever les quatre vannes juíqu’àla hauteur de la traverse d’en-bas seulement, il reste un vide vis-à-vis des van-nes entre les dés du bufc ; il est évident que tout le poids de la colonne d’eausoutenue jufques-làpar les vannes , porte íur ce vide, & seau y coulera avecla vitesse quelle auroit acquise en tombant de la hauteur quavoient les eauxsiipérieures. Gette vitesse entraîne nécessairement toutes les immondices quiau-roient pu être déposées derrière les portes, & qui ne peuvent jamais être bienconsidérables, attendu que ces portes ferment très-exactement, qu’il n’y a au-cun courant qui puisse y apporter du gravier ou autre corps pesant, & qu’ilne peut par conséquent s’y trouver que de la vase très-fine, telle que seau endépose dans les endroits où elle est la plus tranquille.
Quand le radier íùpérieur a été ainsi lavé par un courant rapide , il ne doitplus rien y rester qui puisse faire obstacle au passage des poteaux, dont le boutinférieur a deux pouces de jeu au-dessus du radier lupérieur. Si eníùite on con-tinue de lever les vannes juíqu’à la hauteur de l’entre-toife du milieu ; commecette entre-toife est placée à peu près à la hauteur, à laquelle les eaux se tien-droient s’il n’y avoit pas de portes, les eaux s’écoulent très-vîte par cette ou-verture , & fe mettent très-promptement à la hauteur quelles doivent avoirpour le passage des gabares, c’est-à-dire, à quatre pieds de hauteur au-deíïùs'du seuil. Alors la partie pleine des portes fe trouve, ou à très-peu près, au-destùs de l’eau, & ne fait plus qu’une foible résistance à l’ouverture des portes.Quand on íùppoíèroit que l’extrémité des vannes friíèroit encore la super-ficie de l’eau; comme la plus grande partie de la résistance vient du poids dela colonne d’eau, & par conséquent de íà hauteur, cette première superficiene résisteroit que très-peu à l’ouverture des portes. Il reste celle qu oppose lecourant de l’eau, à 1 épaisseur des deux poteaux íur quatre pieds de hauteur,& à celle de la traverse d’en-bas : on íùrmonte íàns peine des résistances auffimédiocres, par le moyen de la bascule ou flèche, qu’il est d’uíàge d’appli-quer à ces portes, & qui formant un bras de levier de vingt pieds de lon-gueur, donne la facilité dduvrir Sc de fermer ces portes, à peu près avecautant de promptitude qu’on ouvre ordinairement les portes des sas d’écluíè ;ii suffit d un ou de deux hommes.
Ainsi