402 'CANAUX DE NAVIGATION, Chap. XV.
sait que les transports par terre íont fort difficiles dans des pays de montagnes;la route que les rivières se frayent de niveau, est un dédommagement de lanature, dont on devroit s’empresser de profiter; la Dorgogne 8c la Charenteíont trop éloignées des pays que traverse la Vezere, ce qui fait languir leCommerce 8c f Agriculture dans ces Provinces; le commerce des bestiaux estle seul qu’on y fasse, encore est-ii sort diminué. JLes bleds 8c les vins qui yviennent en abondance n ont point de débouchés, Sc l’on en retire à peine lesfrais de culture ; le vin s’y est donné pour 7 à 8 livres le muid dans les annéesd'abondance, 8c quinze dans les années médiocres. Le Limoíìn est égalementpropre à fournir du tartre , de la graine de lin, de l’huile de noix, qui íe, transporte de Tulle à 60 lieues de distance par terre, de la foie, des laines,de la cire, dú genièvre, dont les Hollandois tirent de l’eau-de-vie, des prunessèches, dont les droits de Douanne montèrent à Bordeaux en 1763 - à 300. mille livres, des châtaignes, de la gaude pour les teintures , des bois de touteespèce, du fer, du cuivre 8c du plomb, de l’antimoine, du marbre, du papier,de la clouterie, des canons de fusil. La ville de Bordeaux tire de l’Angleterrebeaucoup de charbon de terre, 8c le Limosin en fourniroit, qui n a point actuel-lement de débouché. Enfin f Auvergne, 8c les Provinces voisines , telles que leLyonnois 8c le Forez, trouveroient dans la navigation de la Vezere une diminu-tion considérable fur les frais de transport ; on paye jusqu â 3 o livres par chargede cheval de Clermont à Bergerac , 8c 12 livres au plus de Clermont à Brive.La Vezere seroit navigable par-tout dans les grandes eaux, s’il y avoir des pasà toutes les digues des moulins ; mais comme les crues ne durent pas aíïez, ilíaudroit encore la soutenir 8c la resserrer par des digues; il y a déja fur cetterivière des moulins ouïes digues soutiennent l’eau, à six pieds de hauteur dansles temps les plus secs , fur un espace de 800 toises.
498. Il avoit été question dès l’année 1606 de cette navigation : Henri IV.donna des Lettres-Patentesàce sujet, 8c l’ouvrage fut commencé fous íòn régné,au moyen d’un privilège accordé à M. de Châteauneuf, Lieutenant de Roide la Province; mais il fut abandonné fous la minorité orageuse de Louis XIILEn 1682 le projet fut repris, & il y eut même une imposition de 120 millelivres fur les deux Elections de Brive 8c de Sarlat, qui fut levée en quatreannées, mais qui fut détournée pour des besoins dël’Etat.
En 1752, M. Polard, Ingénieur de la Province, visita cette rivière, 8c jugeaque l’exécution de ce projet ne seroit pas difficile. Un Arrêt du 13 Aout 1765,ordonna qu il seroit fait par les Ingénieurs du Limosin 8c de la Guyenne, res-pectivement, les plans 8c devis des ouvrages à faire, soit pour le pas de la Gra-teuíè fur la Dordogne , soit pour rendre la Vezere navigable. M. Tréíàguetvisita la Vezere cette année-là, rendit un témoignage favorable fur ce projet;rnais on en désiré encore l’exécution.
499- La rivière même de Correze , qui tombe dans la Vezere deux millesau-dessous de Brive , porteroit les plus grands bateaux, si elle étoit soutenuepar des digues, 8c il y a eu des Mémoires faits à ce sujet en 1752.
Síbicí ndue na ’ sOO. La rivière de liste ou dlste, à 1 occident de la Vezere, traverse plus