468 CANAUX DE NAVIGATION , Chap. XVII.
un mille de l’emboucliure dans la Lagune, avec une chute qui est auíïì de8 pieds, où arrivent seau íàlée & la marée. A la droite du Moranzan, on voltauffi une petite écluse & un canal appelle du Boudante , qui conduit dans lesvallées & dans les marécages voisins, Sc tombe dans les lagunes au-dessus duport de Malamocco.
620. La Brenta communique avec l’Adige par un canal de six milles, quipart du bassin deBrondolo où est l’embouchure de la Brenta, traverse des ma-rais , & se réunit à i’Adige à l’endroit appellé Cavanella dell’ Adige , quatremilles au-dessus de sembouchure de l'Adige dans la mer ; on lappelle canalde Vaile Longo. Il y a auffi une écluse à doubles portes pour le passage desbarques, qui fut faite vers le commencement du 16 e siècle.
621. On a tiré auffi à Dolo un petit ruisseau de la Brenta, que l’on con-serve avec grand soin, Sc qui tire vers la droite ffir environ dix milles, avecdes ponts aqueducs ; ce ruisseau va jusqu’à Moranzan, où il y a un bâtimentdans lequel on charge de l’eau douce fur les barques de Venise, pour lusagede cette grande ville où l’on en manque souvent: on appelle ce ruisseau laSeriola ou Ceriola , ce qui veut dire un ruisseau dérivé.
Ainsi le canal par lequel on va de Padoue à Venise , a été fait tout entierà main d’homme, Sc ffir une longueur de vingt milles, il contient quatregrandes écluses , sans parler de celle de Stra ; i°, les portes Contarines : 2° ,celle du Dolo; 3 0 , celle de ía Mira ; 4% celle du Moranzan : elles font entout plus de 50 pieds de chute.
Mais tous les travaux faits jufqu’ici dans la Brenta, font encore insuffisans.Le Sénat de Venise a demandé cette année 1777, le P. Ximenez, le P. FrisiSc M. Stratico, pour juger d un plan proposé par M. le Colonel Lorgna,relativement aux désordres causés par la Brenta, Sc aux inconvéniens auxquelsil est nécessaire de remédier par quelques grandes opérations. Le projet de M.Lorgna consiste à transporter toutes les eaux de la Brenta dans un íèul litsupérieur à Padoue, Sc à tirer tous les canaux de navigation par des éclusesde ce grand canal général ; ce seroit la plus grande opération ffir les eauxqu on eût jamais entreprise en Italie.
Navigation & ca- 622. Le Silé, rivière qui commence dans la plaine quelques milles au-dess
naux de Padoue. ^ de Treviso, est navigable au sortir de cette ville jusques à la mer, fur envi-ron 40 milles de longueur en comptant les circuits. On l’a voulu détournerauffi de la Lagune de Venise; mais il y communique par un canal appellé Sion-celloy qui passe au milieu des marécages, avec deux écluses; ce font les grandesportes de Silé construites en 1682 avec une chute de dix pieds , & les petitesportes construites en 1686 avec huit pieds de chute. Quoiqu’on dise les por-tes , on préfère aujourd’hui une feule porte à chaque extrémité d’un bassind’écluse.
Le Silé se décharge dans l’ancien lit de la Pravé , d’où il va à Livenza;mais en approchant de la mer , où le terrein est fort marécageux, il produitbeaucoup de branches Sc de canaux qui font presque tous navigables.
La Livenza est une autre petite rivière qu on a détournée des lagunes comme
les