CANAUX DÌTALIE ET D’ESPAGNE. 47 r
Delà il fuit la montagne du Mort, Sc traverse la rivière de Bravata à 7milles de celle de Guardal, ensuite les campagnes Ujejar. Vers la rivière deBravata commence une branche d arrosage de 15 milles, & rembarquementprincipal du canal de navigation.
A n milles de la Bravata, le canal paíîè fous la montagne de Toparés, íòusune longueur de six milles ; après quoi, il traverse plusieurs valions où il y ades étangs Sc des réservoirs d’eau, & reçoit la rivière de Maria.
Aid milles de la montagne de Toparés, il reçoit la rivière de Turillas avecles eaux qui viennent des campagnes de Caravaca, situées iy à 20 milles auNord du canal, qu’on rassemble par des rigoles.
A y milles de la rivière de Turillas, il y a une prise d eau près de la rivièrede Velès , qui vient du Midi se jetter dans le Gualantin.
A 6 milles de la Velès, il paíîè fous la montagne de Saint-Clement prèsde Lorca, & l’on en tirera un canal d’arrosage de plus de 40 milles pour lescampagnes de Lorca.
A 10 milles de Lorca, le canal paíîè à Totana, & au-deíîous d’Alama oùil traverse la rivière de Gualantin.
À 19 milles de Totana, le canal se partage en deux branches; dont l’uneest un canal d’arrosage de 1 y milles qui va du côté de Murcie, 8c l’autrele canalde navigation qui va vers Carthagène.
A 14 milles'de cet embranchement, le canal descend par plusieurs éclu-ses au port de Carthagène, & jette une branche d’arrosage de 13 milles jusqu’aucap de Palos.
Dans cette route de près de cent. milles, depuis la naissance du canal jusqu’à Carthagène, je ne comprens point la longueur de toutes les sinuosités par-ticulières qu on fera obligé de íuivre, non plus que les rigoles Sc les canauxd’arroíàge.
632. Par Cédule royale du Roi d’Espagne Charles III, Sc de son suprêmeConseil de Castille, une Société formée sous le nom de Pierre Prades Sc Com-pagnie, a obtenu la concession de 33 vares de Castille, ou de 22 toiíès Scdemie de chaque côté du canal fur toute fa longueur, ce qui forme 11160 fane-gues ou 10933 ar P ens ùe Paris ; on estime 800 piastres courantes la fanegue ;& quand cela seroit réduit même à la moitié, il y auroitun capital de 16740000livres de France.
La Compagnie a le privilège exclusif de la navigation 8c de la pêche pour110 ans; elle est autorisée à exiger des Propriétaires pour droit d’arroíàgespendant ces 110 ans, entre la sixième Sc la onzième partie des récoltes; ceproduit est estimé 3 millions chaque année.
Ce canal arrosera 440 mille arpens de terreins, que la sécheresse rend inu-tiles. La fanegue de terrein íèmé suivant i’uíàge rapporte 36 faneguesde bled,dont chacune pese 100 livres, Sc vaut, année commune, qy réaux veillon,( de cinq fols chacun) ; lorsque le prix est à 32 réaux, f exportation en est per-mise, mais en ne comptant même que íùr 28, réaux, ce qui fait 16 livres 16 folsleseptier de Paris, Sc en ne supposant encore que 18 sanegues de récolte,