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CANAUX DE NAVIGATION, Chap. XXL
Kiam, le plus considérable de ceux qui traversent la Chine de l’Occident à l’ 0 ~rient, & qui est aussi connu sous le nom de Yang tse Kiang (768) , le fils de lamer. Suivant la relation de í’ Ambassade Hollandoise de 1656 , après avoirpassé la montagne , on deícend une rivière fort dangereuse jusqu’à Kiamsi , 80lieues plus loin, où l’on prend de plus grands vaisseaux pour descendre encore larivière jusqu a Nankin. Quatre-vingt lieues au-delà de Nankin, on fuit lecanal & les rivières jusqu à la Rade royale qui est à quatre lieues de Pékin,& à 140 lieues., ou 3 62 milles, de Nankin en ligne droite, je suppose ici des lieuesde a y au degré, ou de 2283 toiles chacune. On n’a pas poussé le canal jusqu’àPékin, pour laisser Poccupation des transports aux familles pauvres des environs.
yóy. Ce canal s appelle Jun , ou Yu ho , Canal royal, Yu Leang ho , canalà porter des denrées, ou simplement Yu Leang; le P. Duhalde nous apprendqu’il est principalement formé par une rivière médiocre nommée Ouen ho,dont on à divisé les eaux; on verra bientôt qu’il y avoit aussi un étang qu’ona conduit au travers de la montagne (768). On a trouvé le point de partage prèsde la petite ville de Ouen chan hien ; les deux tiers de seau íònt conduits dansla partie du canal qui est vers le Nord, où après avoir reçu la rivière Ouei ho,qui vient de la Province de Honan, & après une assez longue course, le canalse jette près de la ville de Tientsing Ouei, ( dans la Province de Pe tchelì) ,dans la rivière de Péking , qui passe le long de ses murailles, & va tomber dansl’Océan Oriental ; cependant la navigation ne s’étend pas jusqu à Pékin, commenous Pavons dit. L’autre tiers des eaux de la rivière Ouen ho , en coulant auMidi, vers le fleuve appelle Hoangho , ou Fleuve Jaune , rencontre presqued’abord des étangs & des marais, dont quelques-uns font partie du lit du canal,A d’autres fervent à augmenter ses eaux par des rigoles qu’on y a faites ; deforte qu’on peut les ouvrir ou les fermer, par le moyen de grosses traverses deì bois, qu’on engage quand on veut dans des coulisses formées le long des mas-
sifs de pierre , qui font bâtis aux bords du canal, là où chaque rigole aboutit.
Demi-éciusesou 766. Ces ouvrages Rappellent en Chinois, Tcha , & ont été appellés dansS' 5 dU SUnd nos classons , Digues , quoique fort improprement; ce font des demi-éclufes,ou permis placés dans le lit même du canal, dont ils rétrécissent la largeur, & nelaissent que le vide suffisant pour faire paíïer une grolïè barque, Ils serventautant que nos écluses à retenir l’eau, quand on veut en arrêter tout-à-fait le' cours, & en laissent couler une partie quand on ne place les traverses que jusqu àune certaine hauteur : nous en parlerons bientôt en détail (770).
La précaution de retenir Peau est souvent néceíîàire, íùr-tout dans les tempsde sécheresse ; car le canal n’étant alimenté que par une partie dune petiterivière, & ne pouvant fournir que cinq à six pieds de hauteur d’eau , on apeine à en conserver assez. On a cependant tâché d’en retarder le cours, &même de Parrêter, en faiíànt faire des coudes & des détours fréquens au canal ;malgré ces précautions, il arrive qu’en certaines années de sécheresse, le canalest réduit à trois pieds d’eau ; ce qui ne ssiffit pas pour faire passer les groflèsbarques Impériales, qui portent les denrées 8c les tributs des Provinces à laCour. Ainsi dans les endroits sujets à cet inconvénient, on a eu recours à ces