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Des canaux de navigation, et spécialement du Canal de Languedoc / par ... de la Lande
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ASIE, AMÉRIQUE.CHAPITRE X XI.

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Canaux d'À fie SC d'Amérique.

T j A Chine est le pays du monde il y a le plus de canaux, suivant toutesles relations ; les Chinois soccupèrent dans les temps les plus reculés, de laconduite des canaux * de la distribution & de la communication des rivières,comme nous le dirons dans le Chapitre suivant il sera question des canauxanciens (781). Gn fait encore actuellement un grand usage des canaux dansdifférentes Provinces de la Chine ; mais ce qu il.y a de plus remarquable est legrand canal Impérial, qui forme, pour ainsi dire, une communication entre lesdeux extrémités de iEmpire ; cest le seul dont on trouve quelque notice dé-taillée dans les Auteurs dignes de foi qui ont parlé de la Chine , Sc il est íànsdoute le plus considérable de tous.

763. Le grand canal de la Chine Fut entrepris vers lan 12891 P ar lEmpe-reur Chi-Tíbu , Chef de la vingt-neuvième Dynastie íuivant M. de Guignes,(Hist. des Huns. T. I, P. I,pag. 22 ),ou de vingtième Dynastie de Yuen sui-vant le P. du Halde, T. II, pag. iy6. D autres disent Xi-çu, Cobila, ou CublayCan, cinquième successeur de Chinghis-can. Ce Prince ayant conquis toute laChine, Sc étant déja maître de la Tartarie occidentale , qui sétend depuis laProvince de Pe Tche Li jusquau Mogol, à la Perle , & à la mer Caspienne,transporta le siégé de lEmpire,à Pékin,pour être plus à portée de ses vastes Etats ;ÔC comme les Provinces Septentrionales ne íufsiíòient pas pour tout 1 approvi-sionnement dune si grande ville,il voulut faciliter les communications de cette Ca-pitale , avec les autres parties de iEmpire,par le moyen d un canal. Le P. le Comtedit que ce canal sétend fur un eípace de 400 lieues, depuis Canton jusqu àPékin; le P. deMagailiansdit245 lieues Portugaises, le P. Duhalde dit 160lieues,T. I, pag 33, & 30Ó lieues, T. II, pag. 1 j 6 .Presque tous nos Ecrivainsen ont parlé avec la même emphase, tels font le P. Frisi, M. Bélidor, M. Lin-guet, M. Paw, Scc. Le P. Frisi a déja été relevé à ce íùjet par M. lEspinasse ,dans le Journal de Physique , Janvier 1778 ; Sc en suivant le détail des routes,lon voie évidemment que cette énorme longueur de navigation renferme l'e-tendue des rivières que lon descend ou quon remonte, A dont la navigationse prolonge, Sc se joint avec celle des canaux, ensorte quii ny a quune petitepartie qui ait été creusée à mains dhommes, peut-être environ cent milles»

764. Dabord on remonte la rivière de Canton jusquà Nam Hung,i 1 y millesau nord de Canton,eníuite on est obligé de faire une journée par terre de NanHung à Nam Ngan , pour traverser la montagne de Moilin, Mei Ling ,Nam Hering, ou Nam Hung, qui borde la Province de Kiamsi, Sc celle de Can-ton. De cette montagne , dit le P. Comte, coulent deux rivières, dont luneva au Sud jusquà la mer , Sc lautre au Nord jusques dans le fleuve de Nan-kin. On peut même ne pas quitter la barque, si on prend íà route par la Pro-vince de Quang si , & de Hou quang (775) ; car les rivières de Hou quang ScKiang si coulent vers le Septentrion, Sc se jettent ensin dans le grand fleuvtz

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Navigation deCanton a Pékin.