ASIE, AMÉRIQUE. 543
estante lors de la grande révolution de Tíìn chi hoang, l*an 2 4 6 avant J. C.
Il n étoit guere question alors de navigation, le pian du gouvernement étoitst simple qu il n en avoit pas besoin : chacun trouvoit le nécessaire chez soi,
& ceux qui étoient plus riches ne connoissoient pas encore les superfluitéséloignées de leur pays. Seulement on voit que les grains alloient par eau deproche en proche quand la disette l’exigeoit - & les tribus étoient conduits defort loin dans des barques.
Mais les guerres de Tfín chi hoang, les Consommations prodigieuses de íàcapitale, qui étoit dans le Chen-si , c’est-à-dire, à une des extrémités de laChine , & les travaux qu il-fit entreprendre, le mirent dans la neceístte de faireporter des grains d’un lieu à un autre, íur-tout à Xchang ngan : il obligea lepeuple à lui porter siir les épaules tantôt dans un lieu, tantôt dans 1 autre desmillions de sires de grains : les portages íe faiíoient le jour & la nuit de villageen village , & les chemins étoient couverts de pauvres colons charges commedes bêtes, & que l’on traitoit de même.
782. Les Han qui commencèrent à régner fan 202 avant J. C. eurent hor-reur d’un traitement si barbare : ils firent creuser des canaux pour conduire àleur capitale & sur les frontières les ris & les blés des provinces : plusieursouans d’hommes, disent les annales, (Ouan vaut dix mille ,) furent occupes àce grand ouvrage, & dès le milieu du second siecle avant 1 ere phretienne, laservitude des portages étoit anéantie par tout l’Empire : toutes les grandesrivières communiquoient lune à l’autre par des canaux & étoient navigablespresque par-tout. Les successeurs de Ou ti, qui mourut l’an 86 avant J. C. per-fectionnèrent cette grande entreprise , ils reparerent les pertes^ de 1 agriculture& lui rendirent les terres que labandon & la ruine des anciens canaux avoient
changées en marais.
Depuis les Han jusqu aux Yuen ou Mongoux, qui commencèrent à régnerl’an i26o,la capitale de l’Empire fut transportée successivement dans diffé-rentes provinces : à chaque fois il fallut chercher de nouvelles combinaisonspour conduire plusieurs milliers de barques de grains, dans le Ghen si, le Chansi , le Ho nan, le Hou kouang, le Tche kiang , &c ; parce que dans chaquemutation les anciens canaux de réunion íe trou voient ou trop étroits ou maldisposés. Les ouvrages qui se firent sur toutes les rivières au nord du fleuveKiang surent si considérables qu’on en a fait un article particulier dans lesannales de chaque Dynastie, & une grande branche de 1 Histoire de la Chine.
On y trouve, à l’ouverture du livre, que Yang ti, de la Dynastie des Tsin , * Canal!X J^ Iequi monta fur le trône l’an 605 , A ne régna qúe treize ans, commença des pla premiere année de son règne à faire ouvrir de nouveaux canaux & aggrandirles anciens, pour que les barques pussent aller du fleuve Jaune dans le Kiang ,
Sí de ces deux grands fleuves dans les rivières de Tsi, de Ouei, de Han, &c*
On lui présenta un mémoire fur la maniéré de rendre toutes les rivières na-vigables dans tout leur cours, & de les faire communiquer les unes aux autres
* 11 • parole qu’il faut lire Tsoui suivant M. Deshautesrayes, qui publie actuellement la grande His-toire de la Chine , traduite du Tong kien kang mou, en x2 vol, in- 4 G . à Paris , chez Pierres s- Clouíier. 1