Projet de canalà Nicomédie.
548 CANAUX DE NAVIGATION , Chap. X XII.rendre par mer aux embouchures du Tigre -, une partie de íà flotte qu il laiíTaderriere lui se rendit dans le Tigre par un canal tiré de ce fleuve jusques dansl’Eulseus, environ à 30 milles de ì’embouchure du Tigre : c’est probablementde ce canal dont Pline a voulu parler , en disant d’un lieu nommé Charax , qu ilétoit inter confluentes 9 dextrâ Tigrim , lœva Eulœum , L, VIL C. 27. Arrienn ajoute ni par qui , ni quand ce canal sut ouvert.
L’Euheus est le Karun des modernes , comme on le voit par la carte de M.d'Anville. Theuenot dans la fuite du Voyage au Levant, L. III. C. IX. p. yyi»,nous apprend qu’il íubsistoit encore de son temps un canal nommé Haffar , quijoignoit le fleuve Karum , ou le Tuster, ail Schat-el-Arab , ou Schat-ul-Areb , &qu’il avoir employé environ cinq heures à parcourir ce canal tortueux & pro-fond ; récit qui convient très-bien à ce qu’on lit de la jonction du fleuve Eulœusavec le Tigre.
7po. Trajan qui avoir entrepris de joindre l’Êuphrate àu Tigre , ou plutôtde nettoyer le Nahar-Malcha, íàvoit former de vastes projets , & les combineravec une haute prudence. Nous en avons un exemple bien remarquable dansles réponses qu’il fit à Pline, qui lui proposoit de faire communiquer avec lamer un lac voisin de Nicomédie, 43 milles aù Sud-Est de Constantinople ; ce lacdont il s’agissoit de faire communiquer les eaux avec la met n est point nommépar Pline , il nest qu’iediqué par cet Auteur ; efl in Niromedenfium flnibus am-plijflmus lac us. Nous verrons bien-têt qùe c est le lac de Baana (792 ). Quoiqu il en soit, on peut consulter les Lettres de Pline, L. X. Let. 50 & suiv. & lesréponses de Trajan fur ce projet ; on y admire la vigilance & l’activité de la partdu Magistrat, la prudence & la bonté du Prince ; il ne paroît pas cependantque ce projet ait eu pour lors d’exécution.
7pi. Nous voyons, plus de cinq Cens ans après, de nouvelles tentatives faitespar Anastaíè íurnommé Dicure, ( Ann . Comnen . Alexiad. Lib. VI, ) mais ellesxesterent encore íàns effet. Alexis Comnène y fit aufli travailler dans la fuitepour opposer des barrières aux Turcs qui ne eeffoient d'infester la Bithynie, &íhr-tout la ville de Nicomédie-. Cette Province étoit peu fortifiée, il ne falloit,pour y entrer, que passer le Sangar, ce qui n’étoit pas fort difficile. L’Empereuírésolut de s’opposer à leurs incursions & de pourvoir à la sûreté de Nicomédie& à celle de la Province. En visitant les lieux, il remarqua les traces d’un longcanal qui étoit tiré du lac de Baana ; il i’examina avec foin , & il vit bien qu’iln’étoit point Pouvrage de la nature, mais celui des hommes. II apprit des an-ciens du pays, que suivant une tradition assez confuse , Anastase le Dicure a voitordonné cet ouvrage; il ne put découvrir ni dans quelle occasion , ni à queldessein il avoir été entrepris ; mais il en profita. Il fit nettoyer le canal ; on luidonna même plus de profondeur en le creusant de nouveau. Il craignit auflique le flux & reflux n’y portassent du limon & des sables , qui par la fuite yformeroient des gués par lesquels les Barbares pouroient pénétrer dans le pays ;il choisit un lieu convenable pour y construire une tour qui fut si solidementbâtie qu’on l’appella Tour de fer , nom quelle portoit encore du temps d’AnneComnène. Alexiad. L . VI. Cette Princesse qui rapporte ce trait de la vie de son
père,