Isthme da mont
Mimas.
Canal de l’A-
vaxe.
fyo CANAUX DE NAVIGATION, Chap. XXIL
isthme qu’ils entreprirent de creuser pour se mettre à couvert de la violencede sennemi. Les ouvriers ne furent point épargnés pour un ouvrage auíïì preste ;mais dans le fort du travail une main invisible, dit Hérodote , sembloit les frap-per , ils se sentoient blessés dans différentes parties du corps, &■ ils se trouvoienttout à coup privés de la vue ; c’étoit probablement les maladies que des fouillesde terres occasionnent quelquefois ; mais ces peuples superstitieux crurent yappereevoir une puistànce à laquelle il n étoit pas possible de résister ; ils en-voyerent consulter f oracle de Delphes pour apprendre la cause de ce malheur,& la Pythie leur répondit par deux vers dont le sens est : Ne vous tourmente £point a percer l’ifthme ; car fi c eût été la volonté des Dieux de faire une ijle devotre pays , ils vous en auroiertt épargné la peine . Après cette réponse, les Cmdienscefíerent leurs travaux, & ils furent réduits à se livrer sans résistance à Har-pagus, qui s’avançoit avec son armée.
794. Ce récit peut être vrai pour une partie : il est naturel que des peuplescherchent à pourvoir à leur sûreté, en coupant un isthme aussi étroit que celuide Cnide ; mais qu’ils n’ayent pu y réussir à cauíè du prétendu miracle que ra-conte Hérodote, c’est ce qu’il est difficile d admettre. Il íèmble au contraire quel’isthme fut en effet coupé, & qu’ensuite il se joignit au continent par les amasde fable & de limon, comme il est arrivé à l’égard de Cyzique, & qu on l’y joi-gnit par des ouvrages : du moins Strabon le fait entendre (Liv. XIV. p. 6y6. )en disant que devant la ville de Cnide il y avoit une iste dont le circuit étoitde íèpt stades ; quelle s’élevoit en forme de théâtre ; quelle avoit été jointeau continent par le moyen des môles dont on avoit comblé l'intervalle , &quelle séparoit la ville comme en deux parties ; la plus grande partie des Cni-diens habitoit liste qui domine l’un & f autre port. Il n y auroit même rien dé-tonnant quand les deux ports dont parle Strabon, seroient des restes du canalqui n auroit point été comblé dans ion entier.
79y. Alexandre le Grand forma le projet de couper un isthme de 7 milles ,qui joint la péninsule du mont Mimas, avancée de 2yo milles,avec le reste del’Asie mineure, vers Clazomène à la côte d’Ionie -, on ne fait pas quel étoit íònobjet ; mais il reconnut bientôt f excessive difficulté dune pareille entreprise.Pline V. 31. Pauíànias,L. II. S. Corinth. c. 1. M. Oberlin p. 32. Le nom de cetisthme du mont Mimas manque dans beaucoup de Cartes géographiques ; il estvis-à-vis de l’iste de Chio , Sc séparé le golfe de Clazomène qui est au nord, d a-vec le golfe Teïen ou de Teos qui est au midi vis-à-vis de l’iste de Samos. Teosétoit la patrie d’Anacréon.
796. A la fuite des canaux anciens dans l’Asie, il est naturel de parler d’uncanal fait dans le moyen âge par Tamerlan en Arménie. M. Linguet dans ses Ca-naux navigables parle avec admiration d’un canal ordonné par Timur ou Ta-merlan dans une partie de chaste. On voit en effet dans f Histoire de Ti-ìnurbeg par Chereffedin-Áli, traduite par Petis de la Croix, (T. III.L. y.Ch. 40. ) que ce conquérant ayant pastfé un hiver en Arménie, il fit rétablirpar ion armée un ancien canal qui s’étoit presque comblé par la fuite des temps.Ce canal alloit de i'Araxe dans i’Araxe, depuis Surcapila jusqu’à Kioshke-