CANAUX ANCIENS EN ASIE.
Tchenghiehi ser une longueur de dix milles ; il étoit aísez large pour servir àla navigation , Sc fut terminé dans l’eípace d’un mois. Tamerlan lui donna lenom de Berlase Un de ses favoris.
75)7. Deux ans après , Tamerlan exécuta une semblable entreprise dans íemême canton pour procurer des eaux à la ville de Bailacan qu il avoir rétablie ;il fit tirer de l’Araxe un canal de six milles , Sc de quinze coudées de large,qui fur terminé dans le mois suivant. Chereffedín Ali , T. IV. L. 6 . C. 9.
798. Les canaux d Afrique ne présentent sien dans f antiquité , si ce n’est les Canaux â-canaux d’Egypte. Ce pays autrefois le séjour des Sciences & dès Arts, quoiquedéchu de son ancien état de grandeur & tombé dans la Barbarie , nous offreencore des veftiges d une magnificence qux n eût jamais son égale. L’Egypte estune longue vallée qui s étend du Nord au Sud : à f Orient elle est terminée parf Arabie, à f Occident par la Libye; elle se divise en supérieure à en inférieure ;,f Egypte supérieure, si l’on y comprend la partie nommée Heptanomis, s’étendjusques près du Delta ; finférieure est désignée ordinairement par les Géographesfous le nom de Delta, quoique cela ne soit pas exact , comme l’observe M.d’Anville , Mem. se r 1 Egypte p. 31 , puisque l’Egypte inférieure déborde lesterres enfermées dans le Delta, ser-tout vers l’Arabie. Une si grande étenduede pays qui comprenoit environ sept à huit degrés (de 57 mille toises chacun )n’étoit arrofëe que par un seul fleuve ; mais la fertilité qui a été attribuée à l’E-gypte, lui venoit bien moins du fol que de i’industrie d’un peuple nombreuxexercé pendant une longue fuite de siècles à des travaux utiles. Tout le mondeconnoîtles pyramides , le lac deMœris, & la quantité innombrable de canaux quifurent faits dans ce pays. Les Egyptiens réduits à procurer à leurs terres arides,une fertilité qu’ils ne pouvoient trouver que par le moyen des eaux du Nil, sai-
gnèrent ce fleuve Sc en firent quantité de dérivations. Nilus, un des anciens Roisd’Egypte suivant Diodore L. I, se rendit fameux par le grand nombre de ca-naux qu’il sir creuser , 8 í par son application à tirer du Nil tous les avantages possibles,ce qui fit donnersen nom au fleuve,qui auparavant portoit celui d ’ JEgyptus.
799. Selon Aristote, le Nil n’avoit d’embouchureformée par ia nature que
la Canopique, (Meteor. L. I. G. 2.) toutes les autres furent l’ouvrage des
hommes ; cependant les sept bouches du Nil font de la plus haute antiquité ;
& si ce fleuve ne se rendoit d’abord dans la mer que par une embouchure, il
est peut-être arrivé au Nil la même chose qu’au Danube, au Pô Sc à d’autres
grands fleuves, auxquels la rapidité de leurs cours, les atterriísemens, les fables,
les inondations, ont fait trouver des iísees Sc tracer de nouveaux lits. Presque tous
les Géographes donnent la description des sept bouches du Nil, qui étoient la
Canopique, la Bolbitine, la Sebennitique, la Phatnitique, la Mendésienne, la
Tanitique Sc la Pélusiaque;iis entrent même dans des détails assez circonstanciés
fur chacune de ces branches : aucun ne dit qu’il y en eut d’artisicielles. Cependant
parla seite des temps,il aura pu creuser les terres voisines en différens endrois Sc
former des espèces de canaux; mais les Egyptiens firent eux-mêmes des diramations
de ce fleuve ; Sc parmi la multitude infinie de canaux dont les uns étoient factices,
les autres naturels, Sc que les Auteu rs anciens Sc modernes citent indistinctement
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Ces íèpt embou-chures du NU.