CANAUX ANCIENS EN AFRIQUE. yy 3
pour recevoir dans les crues du Nil une quantité d’eau très-considérable, réser-vée pour arroser les terres après ^inondation. Or, M, Grangér qui avoìt sé-journé dans le Feium, observe que les terres voisines du lac íònt trop élevéespour que le lac puiiîe y répandre lès eaux après le temps de l’inondation. Ilest donc clair que le lac de Feium 8c le lac de Mœris íont deux choses diffé-rentes.
Mais si le lac de Feium n’est pas le Mœris, comment le retrouver, ajoute M.d’Anville ì Après avoir prouvé par le passage de Pline déja cité que le Mœrisétoitun véritable canal, il conclud (pag. 150) de l’expreísion du même Au-teur, ubisuit , que ce lac,ouvrage de Industrie 8c non de la nature, avoit déjaéprouvé par un laps de temps considérable une dégradation capable de le faireméconnoître. Le P. Sicard , qui a parcouru l’Egypte avec tant d’intelli-•gence , pensa que le lac de Mœris étoit le même que le lac nommé Bathen .parles habitans du pays ; & il le marqua ainsi dans fa belle Carte de l’Egypte an-cienne, qui fut dressée en 172,2, , & présentée au Roi. M. d’Anvilie cite aussi leP. Sicard, 8c reconnoît le Mœris dans le lac Bathen , (pag. 154-) Ce lac s'é-tend en longueur,au couchant du Nil, 8c parallèlement à son cours. Cette éten-due qui est nord 8c sud répond précisément, dit-il, à celle qu'Hérodote donneau Mœris. De plus la longueur que Diodore attribue au canal par lequel leMœris recevoit les eaux du Nil, se rapporte très-bien au canal du lac Bathen ;aussi M. d’Anville dans fa Géographie ancienne place un canal de 47 milletoises le long du Nil avec cette note : Mœris Herodoto & Diodoro , entre 2.8°2y' 8 í 29 0 1 y' de latitude ; mais à 2y milles de ce canal il met un lac , Mœrislacus Strahoni & Ptolemœo.
Il ne s’agit plus que d’appliquer au Bathen les mesures que les Anciens donnentau Mœris en les réduisant ou les évaluant, 8c c est une des opérations de M.d’Anville : cette lagune, selon lui,paroît terminée au-dessous d’Ahenas ; lema-nation de la lagune n’est qu’un canal ordinaire, qui change de direction pourse rendre à une coupure tirée du Bahar-Jusef (801) 8l continuer encore à quel-que distance du Nil jusques fous les pyramides. Il paroît par une carte que leBathen revient à environ 900 stades de la mesure ordinaire Egyptienne. Pourretrouver les 3600 stades d’Hérodote 8c de Diodore, il ne faut, dit M. d’An-ville, que multiplier par 4 les 900 stades de longueur ; d’ou il juge que ce quiest appellé par méprise , dms Hérodote & dans Diodore, est une me-
sure de surface. II hen seroit pas moins vrai que ce réservoir auroit encore étél’ouvrage le plus considérable de l’ancienne Egypte. M. d Anville ne doute pointque les qyo milles de Mucien cité par Pline ne íòient tirés du compte de 3600stades , à raison de 8 stades pour un mille. Les y o o milles de Mêla ne fontqu’un compte rond, plus vague que celui de 4 y o, & les 2yo que l’on trouvedans Pline, ainsi que les qyo de Mucien, peuvent dériver d’un compte égale-ment vague.
M, d’Anville rapporte aussi la description que Strabon& Ptolémée donnent duMœris , 8c qu’il a fait voir d’avance n’être pas la véritable. Il conclut que toutce qu’on lit dans les anciens ne convient pas également bien à ce qu’il appelle
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