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Zz-L CANAUX DE NAVIGATION, Chap. XXII.
la critique la plus scrupuleuse & la plus éclairée ne pourrait parvenir à dé-mêler ce qui fut artificiels excepté par rapport aufameux canal qui conduisaità la mer rouge (803).
Ba 5 tan Mœris,t>U 799 ’ ^ AC DE Mœris étoit , selon Hérodote, un grand canal, ou réser-voir creuse de mains d’hommes dans un terrein aride, (L, II. Euterpe, pag fe147 de sédition de Gronovius 1715. ) Son circuit étoit de trois mille fix centsstades. Il s’étendoit en longueur du Midi au Septentrion. Il avoit en quelquesendroits jusqu à deux cents coudées ou cinquante orgyes de profondeur. Lapreuve que c’étoit un ouvrage de mains d’hommes, ajoute l’Historien ,c’est queson voyait vers le milieu deux pyramides qui avaient deux cents pieds au-deflusde seau & autant au-deífous. Ge grand réservoir tirait ses eaux du Nil par uncanal. Pendant fix mois elles coulaient du Nil dans le Lac, 8 c pendant les sixautres mois , elles résinaient du lac dans le Nil. Les six mois pendant lesquelsseau íè retiroit , ia pêche en rendait chaque jour au tréfor du Roi un talentd’argent, & vingt mines feulement pendant que seau y entrait. De ce lac à lamer il y avait sept jours de navigation.
Diodore de Sicile (L. I.) dans la deseription qu’il en fait , est à peu près con-forme à Hérodote ; il ajoute seulement qu on avoit commencé à le creuser à dixschènes au-deíïus de Memphis , & qu’il communiquait au Nil par un canal dequatre-vingt stades de long, fur trois plethères ou trois cents pieds de large.
Strabon (pag: 810) diffère un peu d’Hérodote & de Diodore: il dit quele lac de Mœris reffembloit à une mer quant à ion étendue , à la couleur deses eaux Sí même à la forme de fes bords ; il n en donne d ailleurs aucune mesure;il rapporte simplement son usage, en disant qu’il servoit avec le canal à recevoirles eaux du Nil dans le temps de íà crue ; on y retenoit ce dont on avoit besoinpour arroser les terres, & on laiffoit retourner le reste dans le Nil par une desembouchures du canal, lorsque le fleuve étoit diminué.
Pline a auflì regardé le lac de Mœris comme un véritable canal, ( NaturalisHifloria, Lib. XXXVI. Cap. 12.) Mœridis lacus , hoc efifojfa grandis ; mais il enparle comme s’il n’avoit plus existé de son temps : Ubi fuit Mœridis lacus. Ilajoute qu’il avoit deux cents cinquante milles de tour, ou selon Mutien, quatrecents cinquante milles. P lin. V. 9.
Selon Pomponius Mêla, dont le texte paroît vicieux en cet endroit , lelac n’a que 20 milles de circuit ; mais Voisins A Gronovius dans leurs éditionsde Mêla, marquent cinq cents milles.
Auflì les modernes ont-ils diííerté beaucoup fur l’étendue 8 c la position de celac fameux; car, malgré les observations des Voyageurs jointes aux témoignagesdes anciens , ces deux points ont encore été mis en question de nos jours.
800. M. d’Anville qui a éclairci tant de points obscurs dans la Géographieancienne, a publié de savans Mémoires fur l’Egypte où il discute la question dulac de Mœris avec la sagacité qui lui est ordinaire. Il examine d’abord si cequ’on rapporte de ce lac pourroit convenir au lac de Feium ; & il prouved’une maniéré convaincante que ce n’est pas la même choie, pages 150 & fùiv.Il paroît constant par le témoignage des anciens, que le Mœris avoit été creuse
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