CANAUX DE NAVIGATION . Chap. XXIV.
Canaux d’Etrurieou de Toscane.
Canal de Clceiius.
Canal de Trajan.'
rianœ est cité dans ITtinéraire d’Antonin fous le nom de Fojsa Papyriana. Cecanal avoir été fait vraisemblablement pour dessécher les campagnes voisines quiétoient marécageuses , comme elles le font encore aujourd’hui,
831. Sous le règne de Tibere,& le Consulat de Drufus César & de C. Nor-banus Flaccus , on forma le projet de joindre le Clanïs à l’Arno pour garantirRome des inondations du Tibre dans lequel tomboitle Clanis. (Tac. ann. I.)Maïs les Florentins,ainsi que les villes municipales & les colonies des environsenvoyèrent des Députés à l’Empereur pour le prier de ne point détourner parun canal le cours du Clanis, parce que cela leur cauferoit un grand dommage.En effet, ajoute Tacite, soit que l’on eût égard à leurs prières, soit par ladifficulté de Inexécution, soit en un mot par quelque autre cause, il paroît quele sentiment de Pison prévalut, & l’on n’y toucha point. Cependant cette com-munication eut lieu par la suite , car la plus grande partie des eaux du Clamsfe déchargent avec les rivières qu’il reçoit dans un lac ou dans des marais queles habitans nomment aujourd’hui le Chiane ; le relie de fes eaux avec celles deces marais fe rendant dans l’Arno près d’Aretium, ou Arrezzo.
Malgré les oppositions des habitans à ce projet de jonction , il semble quenétabliflànt par-là une correspondance entre l’Etrurie, l’Ombrie & le Latium , ilne pouvoit en résulter qu’un avantage réel pour tous ces peuples. Strabon, enparlant des lacs qui étoient dans ces contrées de i’italie, dit qu’ils contribuoientà la fertilité du fol, qu’ìls sèrvoient à la navigation, qu’ils produisoient beaucoupde poiílbn & des oiseaux sauvages , & que les rivières qui sbrtoient de ces lacspour sè rendre dans le Tibre, étoient trcs-utilcs pour porter à Rome toutesfortes de denrées. (Strabon, L. V. p. 226.) Tels étoient le lac Ciminius , celuides Voisinions, celui qui étoit près de Ciusium , le lac Sabatin, Sc enfin le lacde Trasimène. Si ces lacs étoient si utiles,celui qui étoit près de Ciusium de-voir l’être encore plus lorsque les eaux du Clanis paííànt au milieu , établiroiencune corespondance entre l’Arno & le Tibre, & par conséquent entre tous lespays arrosés par ces deux fleuves.
833. On peut appliquer à un lieu distant de Rome de cinq milles Sc qui fenomme Fojsa Clœlia , ce que l’on vient de voir fur celui de Ligurie appelleFojsa Papyriana (831.) Il y avoit autrefois un canal en cet endroit, il auraété comblé, comme bien d’autres canaux ; & le bourg ou village bâti fur cecanal en aura retenu le nom. Tite-Live ( Lib. /.) dit qu il avoit été ainsi ap-pellé de Clœlius, chef des Albanois, qui en étoit fauteur ; mais que par lelaps de temps , le canal avoit disparu, & même qu’on en avoit oublié le nom.Cependant Denys d’Halicarnaffe qui au lieu d eCloelia écrit Cœlia , Ko/Â/aç, ditque de son temps ce nom fubsistoit encore. Ce canal étoit près de la voieAppienne vers le lieu qu’on appelle aujourd’hui Casai Ritondo. Le champ desHoraces étoit situé entre la cinquième pierre milliaire <& ce canal. Plutarque enparle aussi dans la vie de Coriolan, en disant que Coriolan campa près du canalnommé Fojsœ Clœliœ ; l’on voit encore dans ce passage que cet Auteur a misau nombre pluriel le nom du canal qui est cité par d’autres Auteurs au singulier.
834. Pour préserver Rome des inondations qui lui étoient si funestes, Tra-