204 CANAUX DE NAVIGATION, Chap. VIII.
Sc que si on le sorçoit de faire les dépenses nécessaires pour la solidité des ouvra*•ges, on le ruineroit totalement.
Zacharie avoir inventé des portes à bascules tant en amont qu en aval, chacuneétoit dune feule pièce Sc arrêtée par deux pivots tourillons au rez du radier,en hors-d’œuvre des montans contre lesquels la porte s’adolîbit étant droite Scfermée; il a varié dans ces écluses la couche des portes d’aval; les unes ont étécouchées en dedans du íàs Sc les autres en dehors ; il étoit preíque impratica-ble de fermer exactement les portes dressées en dehors, il falloir employer disférents arrêts pour les tenir appliquées exactement contre les montans, Sc pourrésister à la poussée d’eau de l’écluse qui tendoit à les écarter des montans, Scà les faire plier ou courber dans leur hauteur. Les portes qui s’ouvroient endedans faiíòient au contraire un appui solide contre les montans du côté inté-rieur en íe dresiànt contre ces montans , parce que la poussée de seau les y ap-pliquoit immediatement : cette pratique étoit préférable à l’autre ; mais toutesdeux étoient accompagnées de grandes difficultés. Pour les ouvrir Sc les fer-mer , c’est-à-dire, pour les dresser Sc pour les coucher, l’on employoit desroues montées íur des chevalets ,dont l’essieu s’enveloppoit du cordage qui íèr*voit à dresser les portes ou à les coucher ; la porte couchée étoit soulevée parles eaux, elles’opposoit au pastàge du bateau, íoit à son entrée , íoit à íà sortie,& il ne pouvoit passer qu’autant que l’on faisoit baisser ou plonger la porte.Celles d’amont s’ouvroient & se couchoient toutes en dehors du íàs, elles avoientl’avantage de la poussée de l’eau du canal pour les fermer, comme les portesd’aval dans l’intérieur du sas ; mais elles avoient le même inconvénient pour leslever Sc les coucher, Sc pour le pastàge du bateau íur la porte couchée.
Ces portes d’amont, au lieu de guichets pour mettre l’eau dans les íàs, l’yveríòient en nappe par une planche qui régnoit íur la longueur de la porte, fousi’entre-toiíè íùpérieure,qui étoit mobile fur les charnières,& qui s’inclinoit versle sas ; cette planche avoit environ un pied de hauteur ; les portes d’aval lâ-choient les eaux par des guichets selon l’usage ordinaire.
L’Inventeur ne se corrigeoit point des vices de son invention, il ne coníùl-toit point assez, il s’exprimoit d’aiileurs difficilement; il n avoit point de mode-lés , ni même d’idées fixes : il sacrifioit ses intérêts à son entêtement, il se flat-toit de fermer hermétiquement les écluses par ses bascules, pendant que l’expé-rience lui prouvoit le contraire ; car le déchet étoit plus grand que par les por-tes busquées que nous avons décrites. La manœuvre en étoit difficile, longue,dangereuse Sc dispendieuse; il étoit nécessaire d’y employer toujours six ouvriersà chaque écluíe , avec beaucoup de temps Sc de précautions pour parer auxdifférensaccidens, des cables & arcboutans cassés, des roues rompues, des portesdémontées, dont les íuites ne pou voient être que funestes : ajoutons à tous cesinconvéniens une dépense sextuple, Sc i’entretien de toutes ces machines.
Tous ces défauts ruineux ont obligé dans la fixité la Compagnie à démolirles têtes Sc partie des bajoiers de ces écluíès que l’on a réduit à treize ; d’aiileursces têtes Sc les bajoiers adhérants étoient de mauvaise construction : tout seressentoit de la nécessité où l’on avoit été réduit par le défaut de fonds. Cet
exemple