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exemple doit servir à tout Entrepreneur, pour ne pas se reposer sur son indus-trie & sur ses propres lumières. Il faut cependant convenir, pour la justificationde Zacharie en ce qui concerne les portes à bascules , qu’il y étoit autorisé pardes approbations flatteuses & capables d’imprimer de la confiance ; mais c est tou-jours à l’expérience qu’il faut s en rapporter.
24s. En 1765, Zacharie étoit parvenu à faire deux milles de canal & huitécluses jusqu’à Saint Lazare. Au mois de Février 1766 , le canal étoit presquenavigable íùr le tiers de fa longueur, ou environ trois milles jusques à SaintRomain; il y paíïà quelques bateaux, mais avec beaucoup de peine; il n’y avoitpas encore même dans cette partie toute la largeur nécessaire, en forte que cequ’il y avoit de fait n’étoit pas réellement le quart de l’ouvrage ; il n’y avoit quequelques écluses dont les murs de bajoiers su fient élevés ; mais toutes les portesétoient posées. M. Lallié en en rendant compte regrettoit que Zacharie n’eûtpas plus de fonds à y employer , & qu’il n’eût pas formé une Compagnie;M. Lallié entroit dans ses vues pour ne pas le décourager, & afin de mettre àprofit son travail & íà constance , qui ne pouvoient qu’être avantageux au pu-blic & à i’entreprise. Au reste il avoit fallu le courage de Zacharie pour surmon-ter les difficultés de toute espèce qu’il avoit rencontrées ; il avoit été trompé parles Ouvriers, & par fa propre économie, volé de tous côtés, & ruiné par desprocès; mais son projet qui étoit de jouir seul un jour du produit de son canal,lui fit sacrifier toute sa fortune & toutes ses ressources ; il eut recours à ses amispour parvenir à rendre navigable une partie de son canal, espérant que le pro-duit de cette partie lui aideroit à faire le surplus; l’expérience lui ayant apprisqu’il nefalioit pas y compter, il mourut de chagrin en 1768, n’ayant fait qu’é-baucher environ une lieue de canal, qui lui avoit coûté 1 j'oooo livres. Il laiflàsept ensans avec leur mère qu’il fit son héritière: elle accepta la succeíììon pourfaire honneur à la mémoire de son mari ; mais se voyant chargée de dettes , fansfortune & fans ressources, elle ne survécut que deux ans. Son fils aîné Guillau-me Zacharie, jeune 8 í actif, avoit travaillé du vivant même de fa mère à formerune Compagnie pour continuer l’entreprise, & tâcher de recouvrer les fondsque son père y avoit mis , & il a continué de s’en occuper.
246. Le Conseil s’étoit déterminé à accorder les Lettres-Patentes de 1761fur différens avis des ïntendans de Lyon , de l’Académie , de la Chambre duCommerce, du Consulat, des Ingénieurs, des Députés du Commerce & deplusieurs Citoyens, qui avoient reconnu futilité du canal ; mais le terme duprivilège étoit trop court ; les mêmes avis forent pour une prolongation, ÔCle 30 Septembre il y eut de nouvelles Lettres-Patentes , enregistrées le 14Décembre 1771 , & imprimées à Paris, chez Cellot en 1772, par lesquellesle Roi lui accorde la jouissance du canal pendant soixante ans, à compter feu-lement du premier Octobre 1772, les droits de 9 deniers par quintal pourchaque lieue pour les bateaux étrangers , & douze deniers lorsque le conceíìlo-naire se chargera de fournir les barques. Alors M. Lallié, Ingénieur en chef dela Généralité de Lyon, &M. de Marie, Inspecteur des ponts & chaussées, exa-minèrent tout ce qu’il y avoit de fait, & estimèrent ce qui étoit à faire.
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Mort de Zacharie.