HISTOIRE CIVILE
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CHAPITRE III.
Fajles ou Calendrier Romain.
E Calendrier le plus célébré est celui des Romains. Il est connu íòus lenom de Fastes : mot pâlie dans notre Jangue, mais dans un sens relatif à ce-lui à!Annales ou òì Histoire , Sc par-là même dans un sens beaucoup plus éten-du que celui qu’il présenta d’abord.
Ce nom fut donné au Calendrier Romain , parce qu’on yîndiquoit, commedans les nôtres les jours où il étoit permis de travailler & ceux où cela étoitdéfendu , le sas Sc ne-fas ; le faire Sc le non faire , comme nous l’avons déjaobservé dans le Génie Allégorique ( pag. i 8 ). 11 étoit ainsi composé de deuxsortes de jours, dies fajìi Si dics nefajti , jours de travaux Sc jours de non-travaux , ou de repos.
TiTE-LivE,peu versé daus les Origines Romaines,atrribuoit l’institution desFastes à Numa Pompilius: c’est que Numa ctoit pour les Romains le non plusultra. Ils ne voyoient rien avant lui en fait de loix : car Romulus n’étoirqu’un Roi guerrier.
Dans ces Fastes éroient inscrits les mois de l’année avec la qualité aílìgnéeà chaque jour: Sc comme ce qui avoir rapport à P Astronomie & à la Religionctoit du ressort des Prêtres, les Pontifes Romains, tous pris dans le Corps desNobles, furent les dépositaires des Fastes & les maîtres absolus de les réglerchaque année. „ Ce privilège exclusif leur donna une autorité infinie, parce„ que , íous prétexte des jours permis ou non permis qui dépendoient d’eux ,„ ils pouvoient avancer ou reculer le jugement des affaires les plus impor-„ tantes & traverser les desseins les mieux concertés des Magistrats Sc des,, Particuliers ; « comme l’a déja dit M. l’Abbé Couture avec d’autres Sa-vans ( i ).
Dans la fuite, on ajouta à ces Fastes les événemens les plus remarquables :!es batailles gagnées ou perdues, les triomphes, les dédicaces des Temples,les naissances & les morts des Généraux les plus distingués ; celles des Empe-
( i ) DiíT, hifl, fur les Fastes. Méra. des Infc. T, I.