DU CALENDRIER. 297
Pendant la nuit de ces deux jours, on se rendoit également au bord duTybre , Sc on y répécoit fur les trois Autels les Sacrifices aux Dieux infernaux :ce n’étoít plus un taureau noir & une vache noire, comme la premicrc nuit ;mais une brebis noire & une chèvre de la même couleur : pour la secondenuit , c’éroir aux Parques auxquelles on immoloir celles-ci : la troisième nuit,on immoloit un pourceau à la Terre. Pendant ces trois nuits , Rome étoittellement illuminée & remplie de feux de joiequ’il n’yregnoit point d’obscurité.C’est ce que Capitolin dit en particulier des Jeux séculaires que fit célébrerPhilippe : & pendant le jour , ce n’étoit que jeux , que spectacles , courses,luttes, combats de gladiateurs , &c. enforte que le Peuple se partageoit entrela joie & la dévotion.
Les Médailles nous apprennent que les Prêtres Saliens se distinguoíentdans cette solemnité , par leurs danses allégoriques & guerrières. On les y voiravec l’inscriptipn LVD. SAEC. Jeux séculaires. Après leurs sacrifices , cesPrêtres se promenoient dans les rues, dansant, tantôt ensemble , tantôtseuls, au son de quelques flûtes, frappant leurs boucliers avec leurs baguettes ;ils chanroient en même rems des Hymnes à l’honneur de Janus , de Mars ,de Junon & de Minerve ; un choeur de filles habillées comme eux leurrépondoit.
Une des cérémonies remarquables de cette Fête, étoit l’ouverture de laporte du Temple , qui représentoit l’entrée“ du Siécle. Il existe des Médaillesfur lesquelles onvoit un Empereur qui frappe cette porte avec une ba-guette.
A la fin de la Fête, l’Empereur donnoit les offrandes aux Officiers qui avoientfoin de ces cérémonies ; &c ceux-ci en distribuoient une portion au Peuple.
tz. III.
Poënie Séculaire d'Horace.
Horace fut employé par Auguste pour composer des Hymnes propres actre chantées aux Jeux Séculaires. II leur donna le nom de Chant séculaire, &on les voit encore dans ses CEuvres.
Le P. Sanadon , en réunifiant quelques Odes d'Horace, en a fait unepièce complette composée de trois parties ou Chants, d’un Prologue & d unÉpilogue ; exécutant ainsi ce que le P. Taffin avoir déja propose à cet égard
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