SUR LES M O N U M E N S. II
pouvoir usurper les titres des Sages du premier âge, parcequ’il avoit une partie de leurs connoiíïànces ; mais il enabusa pour son intérêt particulier en les dénaturant. Thot,quoique de íà race, entreprit de rétablir les principes duvrai culte transmis par les Patriarches de générations engénérations, & les grava fur des obélisques, pour les per-pétuer Sí les conserver dans leur pureté originelle. Retenucependant par les préjugés de son temps, il les enveloppad’emblèmes, & se servit pour les transmettre aux Sages deson pays, de caractères mystérieux qui par la suite donnèrentmalheureusement lieu à de sauíïès interprétations, qui surentaprès lui une source degaremens pour les gens inattentiss& superficiels.
Quant aux préceptes moraux plus à la portée du vulgaire,il adopta pour les transmettre une manière plus claire;ceft-à-dire, une écriture usuelle, dont il refte encore desmonumens ; mais cette haute sagesse des premiers Egyptiens,à laquelle les Livres sacrés rendent eux-mêmes témoignage,qui précéda la naissance de Moïse, qui, sous l’adminifirationde Joseph, fils de Jacob, fut dans toute fa force, dégénérainsensiblement dans d’abominables superstitions, comme uneeau limpide à fa source, se charge dans un long coursde mille impuretés, & se dénature au point de devenir aussiméconnoiísable que dangereuse.
La matière de ces obélisques est une sorte de marbre dediverses couleurs, qui ne le cède en rien au porphyre, maisplus difficile à traiter, vu son excessive dureté ; qualitéqui dut le faire préférer pour l’objet que se proposoitI inventeur.
Les gens qui cherchent du mystère à tout, donnentd autres raisons de cette préférence; ces monumens, disent-iïs,
i. ers ÂGES
DU M ON D E.
ÉGYPTIENS,