I. ers ÂGES
DU MONDE.
ÉGYPTIENS.
16 Discours
connoiíïànce d’un Etre suprême dont ía nature etoit in-compréhensible ; après quoi ils les mettoient au fait desmystères cachés fous les divers emblèmes peints ou gravésfur les murs de ces sombres retraites.
Quant aux pyramides qui ont le plus illustré l’Égypte,les plus remarquables surent celles qu’on éleva près deMemphis fur des hauteurs arides & peu fréquentées ; laplus haute, dont chaque côté de îa base a trois cents vingt-quatre pas, est formée de deux cents cinquante assises depierres de taille dune longueur énorme, dont chacune aquarante - cinq pouces de hauteur, ce qui fait neuf centstrente-íept pieds six pouces d’éíévation de la base au sommet,qui ne finit pas tout-à-sait en pointe, mais qui se terminepar un plateau, dont la surface peut contenir facilementcinquante hommes debout. Les deux autres, quoique tres-sautes , le font beaucoup moins que celle dont nous venonsde donner les dimensions.
Outre ces trois principales, on en voit une centaine d autreséparses dans ces déserts de fable, & dont aucune n’est sensi-blement dégradée. Beìíon, qui nous a donné une relationexacte- de ces monumens, s accorde en tous points à ce qu’enont écrit Marc Grimani, évêque d’Aquilée, puis Cardinal,Sí le Prince Radzwilí. Ce dernier, qui a décrit ces lieux,dit qu’on voit encore aux environs des pyramides des restesde ì’ancienne Memphis, mais que le fable couvre actuellementpresque toute letendue qu’occupa jadis cette ville célèbre.
De dix - sept pyramides qu’on distingue des trois donton vient de parler, celle bâtie aux frais de la courtisaneRhodope, mérite une attention particulière des amateursde l’Antiquité, par félégance de fa construction & le choixdes matériaux. Outre plusieurs pièces qui le trouvent dans
son