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Discours sur les monumens publics de tous les âges et de tous les peuples connus : suivi d'une description de monument projeté à la gloire de Louis XVI & de la France : terminé par quelques observations sur les principaux monumens modernes de la ville de Paris, & plusieurs projets de décoration & d'utilité publique pour cette capitale / par M. l'abbé de Lubersac
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SUR LES MoNUMENS. i jcíit - on, en Égypte, que ï union de lame avec le corpssubsistoit tant que ce dernier n etoit point décomposé, ou detoute autre source ; il est certain que nulle part on neut untel respect pour eux. Ces mastes énormes, qu on appelle lespyramides d!Egypte, ne furent élevées que pour être ïestombeaux des Souverains. Les gens dun ordre stipérieurfaisoient creuser des cryptes ou des souterrains, les corpsaprès avoir été lavés, embaumés & bien entourés de ban-delettes, étoient déposés dans des cercueils découverts, debois de stcomore ou de pierres creusées de même forme quele corps, ct rangées fur des bancs débordant de deux piedsíe vif du roc duquel ils étoient taillés; ce roc étoit de lablancheur de Falbâtre, mais dune qualité plus tendre ; cesexcavations se faisoient à trente ou quarante pieds de pro-fondeur, ct par ïa quantité des pièces qui y étoient creusées,ils formoient de vrais labyrinthes, qui navoient dautre entréequune forte de puits quarré de même profondeur que íecrypte il conduisoit : la muraille à laquelle étoit adosséìe cercueil, étoit chargée de hiéroglyphes qui exprimoientpour í ordinaire léloge funèbre du défunt. Les enfans étoientdéposés fur de petits socles de pierres au milieu deces caveaux.

Outre ces souterrains, les Egyptiens en avoient despècesdifférentes, destinés à y célébrer les mystères de leur religion;ces lieux étoient de ïa plus grande obscurité. A certainsjours íe Pontife, revêtu des mêmes habits que ïa Divinitéprincipale, y descendoit avec ses Prêtres vêtus comme lesDivinités secondaires. On voyoit dans ces souterrains unepiscine destinée à purifier íes Prosélites avant leur initiation,ou aux expiations ; c etoit par lobscurité ct íe profond silencequi y régnoient, que les Prêtres préparoient ces Initiés à la

I. ers ÂGESou Monde.

ÉGYPTIENS ,i