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Discours sur les monumens publics de tous les âges et de tous les peuples connus : suivi d'une description de monument projeté à la gloire de Louis XVI & de la France : terminé par quelques observations sur les principaux monumens modernes de la ville de Paris, & plusieurs projets de décoration & d'utilité publique pour cette capitale / par M. l'abbé de Lubersac
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S U R LES M O NU MENS. 2 c)

puifquìl est démontré que Fart existoit chez eux avant que1 entrée de lEgypte eût été permise à aucun étranger. Silsont appris quelque chose des Orientaux, ce fut tout au plusdes Phéniciens, que le génie commerçant mettoit en relationavec tous les peuples connus dans cette haute Antiquité.

La Nature a fait ía Grèce de la température ïa plus égale;plus gaie, plus douce, plus agréable que par-tout ailleurs,les formes quelle y produit, font de la plus grande beauté :le fol ny engendre que des plantes généreuses & bienfai-santes ; ces qualités réunies donnent aux créatures humainesle degré le plus parfait de fineste & de régularité. LesArtistes nourris dans la contemplation des belles formes,ne purent donc par finfíuence du climat même, que tendre& arriver promptement à la perfection.

La liberté afíìfe fur le trône des Rois qui gouvernoientleurs sujets plutôt en pères qu en maîtres (ej, favorisa cegoût. La liberté indéfinie qui succéda à cet Etat dansf Attique, éleva encore les idées des Artistes de ce pays.Les honneurs décernés aux vainqueurs dans quelque genreque ce fût, leur fournirent autant d occasions de faire preuvede leurs taïens. Exercés de bonne heure à méditer, à sentir,les Grecs étoient à vingt ans des êtres penfans, des hommesconsommés dans les genres auxqueïs ils sétoient appliqués;au lieu que notre éducation molle & délicate, notre goût

(e) Homère appelle Agamemnon Pafleur du peuple, pour faire connoítre latendreíïe de ce Prince pour ses sujets, & íe foin quil avoit de leur bien-être.Sil y eut des tyrans à Samos, à Syracuse, ce mot ne comportoit pas la mêmeidée que nous y avons attachée; il ne fignifioit qu une puissance uíùrpée, maisqui nopprimoit pas ; comme nous avons vu dans les temps modernes Cornede Médicis devenir maître de Florence, & mériter de íës concitoyens letitre de Père de la patrie , qui lui fut décerné par un decret public après famort : cest-à-dire, à l'époque d ordinaire la justice éteint iencens que laflatterie brûle à lorgueil.

H

2 ." ÂGE

DU MONDE.

GRÈCE.