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Discours sur les monumens publics de tous les âges et de tous les peuples connus : suivi d'une description de monument projeté à la gloire de Louis XVI & de la France : terminé par quelques observations sur les principaux monumens modernes de la ville de Paris, & plusieurs projets de décoration & d'utilité publique pour cette capitale / par M. l'abbé de Lubersac
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SUR LES MONUMENS. 3 j

Tout ce qui mérita quelque reconnoiíïànce de ía part du ===Public, de quelque genre quil sût, devint assuré de 1obtenir. 2 - me AGE

1 1 O . 1 DU MONDE.

LArchitecte qui conduisit I aqueduc de Samos, le Char- __

pentier qui y construisit le plus grand vaisseau , le Tailleur grece.de pierre qui se distingua le premier dans la manière detailler le fust des colonnes, deux Tiíïerans qui firent íemanteau de Pallas, un Lancier qui excella par la justessedes balancés quil saisoit, le Sellier qui fabriqua le bouclierde cuir dAjax , un homme enfin qui trouva ïe secret detailler les pierres de manière à sen servir comme de tuiles,virent leurs noms consacrés au temple de Mémoire.

L art statuaire & celui de la peinture, n eurent pour objetque ïes Dieux, les Héros & les actions utiles à la patrie, &non des poupées & des magots. La simplicité, la propretérégnoient chez ïes citoyens de quelqu ordre quiís suíïènt:les Légisiateurs ou ïes Libérateurs de ïa patrie nétoient pasautrement logés que le simple particulier (g) ; mais Iesches-dœuvres des arts ornoient les places, les portiques, lesrues, les ports, les temples, les tribunaux. Tout ce qui etoitpublic devenoit sacré pour ïes Grecs, & rien nétoit épargnépour lembeîlir.

Le Pyrée, ïe Pécyîe, ïe Céramique, ïe Prytanée, lePortique, le Lycée, ïes places & les chemins publicsossroient à chaque pas Ies statues des dieux & des héros, ouïes tombeaux des grands hommes. Pénétrée de repentir deion injustice à ï égard de Thémistocfe, Athènes fait revenir

(g) La modestie extérieure dut être lapanage particulier des personnagesles plus distingués dans une République jalouse de sa liberté au point desostèníèr de 1 excès de la vertu, & de le punir par iexif. Thémistocfe,

Aristide & tant dautres en font la preuve. Quelque puissant que fut un citoyen,il neût oie blesser les yeux de ses compatriotes par des batimens, dont ìéclateût exposé leur auteur à la jalousie publique.