SUR LES MONUMENS. 3 j
Tout ce qui mérita quelque reconnoiíïànce de ía part du ==—=Public, de quelque genre qu’il sût, devint assuré de 1’obtenir. 2 - me AGE
1 1 O . 1 DU MONDE.
L’Architecte qui conduisit I aqueduc de Samos, le Char- __
pentier qui y construisit le plus grand vaisseau , le Tailleur grece.de pierre qui se distingua le premier dans la manière detailler le fust des colonnes, deux Tiíïerans qui firent íemanteau de Pallas, un Lancier qui excella par la justessedes balancés qu’il saisoit, le Sellier qui fabriqua le bouclierde cuir d’Ajax , un homme enfin qui trouva ïe secret detailler les pierres de manière à s’en servir comme de tuiles,virent leurs noms consacrés au temple de Mémoire.
L art statuaire & celui de la peinture, n eurent pour objetque ïes Dieux, les Héros & les actions utiles à la patrie, &non des poupées & des magots. La simplicité, la propretérégnoient chez ïes citoyens de quelqu ordre qu’iís suíïènt:les Légisiateurs ou ïes Libérateurs de ïa patrie n’étoient pasautrement logés que le simple particulier (g) ; mais Iesches-d’œuvres des arts ornoient les places, les portiques, lesrues, les ports, les temples, les tribunaux. Tout ce qui etoitpublic devenoit sacré pour ïes Grecs, & rien n’étoit épargnépour l’embeîlir.
Le Pyrée, ïe Pécyîe, ïe Céramique, ïe Prytanée, lePortique, le Lycée, ïes places & les chemins publicsossroient à chaque pas Ies statues des dieux & des héros, ouïes tombeaux des grands hommes. Pénétrée de repentir deion injustice à ï égard de Thémistocfe, Athènes fait revenir
(g) La modestie extérieure dut être l’apanage particulier des personnagesles plus distingués dans une République jalouse de sa liberté au point des’ostèníèr de 1 excès de la vertu, & de le punir par i’exif. Thémistocfe,
Aristide & tant d’autres en font la preuve. Quelque puissant que fut un citoyen,il n’eût oie blesser les yeux de ses compatriotes par des batimens, dont ì’éclateût exposé leur auteur à la jalousie publique.