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Discours sur les monumens publics de tous les âges et de tous les peuples connus : suivi d'une description de monument projeté à la gloire de Louis XVI & de la France : terminé par quelques observations sur les principaux monumens modernes de la ville de Paris, & plusieurs projets de décoration & d'utilité publique pour cette capitale / par M. l'abbé de Lubersac
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SUR LES MoN'UMENS. 3 j

Pour suivre avec ordre ïes monumens des Grecs dans íescolonies quils fondèrent dans sAsie mineure, nous parleronsici de ce monument célèbre consacré par lamour conjugalà la mémoire dun époux chéri; le tombeau élevé à Mausole,roi de Carie, par Artémise, qui a donné le nom de Mausoléeà tous ïes grands monumens de ce genre (ij.

Entre une infinité de statues colossales de diverses matières,on cite celle d airain consacrée à Jupiter par les Eíéens aprèsavoir terminé leurs longues querelles avec íes Arcadiens a ;elle avoit vingt-sept coudées de hauteur : celle consacréeà Hercule & à Minerve dans le temple ce Dieu àDelphes, par Trasibule fils de Lycus, après lexpuísion destrente tyrans qui opprimoient Athènes fa patrie. Ces deuxstatues étoient louvragq. dAícamènes h . On en pourroitciter une infinité dautres du même genre; mais on ne peutpaster fous silence la plus célèbre de toutes, celle d Apollon,coíoíïè dairain de soixante - dix coudées de hauteur, ouvragede Carès élève du célèbre Lyfippe ; cette statue portoitdans fa main un vase qui servoit de phare aux vaisseaux quipassoient dans íobscurité de la nuit près de Me de Rhodes;elle donnoit passage entre ses jambes aux plus gros vaisseauxde ce temps. Un tremblement de terre la renversa aubout de cinquante - fix ans.

Lyfippe fit aussi un colosse à Tarente, colonie Grecquesur les côtes de iItalie, qui avoit quarante coudées de hauteur.Lucullus en fit venir un dApoIIonie, ville dEpire, haut detrente coudées, qu fit placer au Capitoíe. Les Auteurs de

2. me Âge

DU MONDE.

GRÈCE.

* Paus. Ella.Ub. V, c. 2J..

h PausaniasBœot. hb. IX,cap. 11. ,

(i) II n est point étonnant que Ies arts aient commencé plus tot dans Iescolonies Grecques de lAfie mineure, que dans la Grèce proprement dite. Ilsíè trouvoient établis plus près du berceau des arts que leurs métropoles ; ilsont du par conséquent Ies connoître plus tôt, & par une fuite nécessaire arriverauííi avant elIéS à une certaine perfection.