SUR LES MoN'UMENS. 3 j
Pour suivre avec ordre ïes monumens des Grecs dans íescolonies qu’ils fondèrent dans sAsie mineure, nous parleronsici de ce monument célèbre consacré par l’amour conjugalà la mémoire d’un époux chéri; le tombeau élevé à Mausole,roi de Carie, par Artémise, qui a donné le nom de Mausoléeà tous ïes grands monumens de ce genre (ij.
Entre une infinité de statues colossales de diverses matières,on cite celle d airain consacrée à Jupiter par les Eíéens aprèsavoir terminé leurs longues querelles avec íes Arcadiens a ;elle avoit vingt-sept coudées de hauteur : celle consacréeà Hercule & à Minerve dans le temple dè ce Dieu àDelphes, par Trasibule fils de Lycus, après l’expuísion destrente tyrans qui opprimoient Athènes fa patrie. Ces deuxstatues étoient l’ouvragq. d’Aícamènes h . On en pourroitciter une infinité d’autres du même genre; mais on ne peutpaster fous silence la plus célèbre de toutes, celle d Apollon,coíoíïè d’airain de soixante - dix coudées de hauteur, ouvragede Carès élève du célèbre Lyfippe ; cette statue portoitdans fa main un vase qui servoit de phare aux vaisseaux quipassoient dans í’obscurité de la nuit près de Me de Rhodes;elle donnoit passage entre ses jambes aux plus gros vaisseauxde ce temps. Un tremblement de terre la renversa aubout de cinquante - fix ans.
Lyfippe fit aussi un colosse à Tarente, colonie Grecquesur les côtes de i’Italie, qui avoit quarante coudées de hauteur.Lucullus en fit venir un dApoIIonie, ville d’Epire, haut detrente coudées, qu’iï fit placer au Capitoíe. Les Auteurs de
2. me Âge
DU MONDE.
GRÈCE.
* Paus. Ella.Ub. V, c. 2J..
h PausaniasBœot. hb. IX,cap. 11. ,
(i) II n est point étonnant que Ies arts aient commencé plus tot dans Iescolonies Grecques de l’Afie mineure, que dans la Grèce proprement dite. Ilsíè trouvoient établis plus près du berceau des arts que leurs métropoles ; ilsont du par conséquent Ies connoître plus tôt, & par une fuite nécessaire arriverauííi avant elIéS à une certaine perfection.