3 - me AGE
DU MONDE.
ANGLETERRE.
£>4 Discours
tous variés & déíìgnant toujours 1 état de ceux pour qui ilsont été élevés ; représentant également les différens costumesdes divers siécles, particulièrement celui des Guerriers, avecleurs attributs & les différentes armes dont ils faisoient usage.
Quand d’un œil philosophique son contemple sous lamême voûte un peuple entier de Citoyens de tous états,Sc qu’on y voit les dépouilles du subalterne, hommede génie, reposer aux côtés de celles du Souverain, nepeut-on pas s’écrier avec la même admiration quun de nosAuteurs les plus célèbres de ce siécle : o Nation } la feulepensante de ïUnivers ! Ce seul trait caractérise ce peuplerépublicain, Sc le rend bien respectable en ce qu il honoredune manière st particulière les cendres des Membres quisurent utiles au corps national, soit par leur génie, soitpar leurs vertus, leurs services personnels, ou même parleurs talens.
C’est avec douleur que nous nous permettons encore iciune observation : notre nation semble peut-être trop diviséed’intérêts pour jamais concourir à élever des monumens àses illustres concitoyens ; en voici un exemple bien frappant.
Le grand Descartes retiré dans la Nord-Holíande pour s ylivrer en paix à la méditation des grands objets de la NatureSc même de la Morale, est appelé en Suède par la reineChristine Sc meurt à Stockolm ; les Suédois pleins derespect pour la mémoire de ce génie sublime, Sc voulantqzie la postérité jugeât de son mérite éminent par leurreconnoistànce, rendirent à cet illustre Philosophe tous leshonneurs funèbres, Sc quoique dune autre communion quela leur , lui érigèrent un monument en marbre avec unebelle inscription. La famille de Descartes réclama son corps,qui fut aussitôt conduit à Paris & déposé dans 1 église de