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Discours sur les monumens publics de tous les âges et de tous les peuples connus : suivi d'une description de monument projeté à la gloire de Louis XVI & de la France : terminé par quelques observations sur les principaux monumens modernes de la ville de Paris, & plusieurs projets de décoration & d'utilité publique pour cette capitale / par M. l'abbé de Lubersac
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SUR LES M O N U M E N S. 143contrées de cette partie la plus noble de la terre, íè fitégalement dans toute l’Europe.

C est très-mal-à-propos qu’on attribué aux Normands,après leur prise de possession de ía Neustrie, Sc aux Angloisaprès eux, les édifices sacrés du genre de ceux que nousappelons Gothiques, comme s’iïs eussent été les seulsconstructeurs de leur temps.

Avant Charles VI, les Anglois n’avoient point pénétrédans sintérieur de la France. Qu’iís aient élevé les cathédralesde Rouen & de Bordeaux dans le long espace de tempsqu’ils ont été souverains de ces provinces, cela est probable;mais nous avons plufieurs Métropoles célèbres, ouvragesde nos pères, qui dans ces temps reculés firent la gloireSc l’admiration de la chrétienté. Telles font celles de Paris,Reims, Bourges, Orléans, Amiens, Beauvais & plufieursautres: en Angleterre, Saint-Paul de Londres, tel qu’ií étoitavant í’incendie afsieux de 1 666, Sc qui, reconstruit, estaujourd’hui la seconde Basilique du monde.

Les Corps religieux déjà institués & dispersés dansl’Europe , se multiplièrent dans l’Itaïie & les Gaules. Lecénobite Benoît consomma seul ce que vingt Souverainsréunis n’eussent pu entreprendre ; disons plus : si toutes lespossessions de cet Ordre, célèbre à tant de titres, avoientété réunies au treizième siècle, elles auroient certainementformé le plus grand royaume de cette partie du monde. Cen’est pas même lans étonnement qu’on a vu des Souverainsse faire leurs vassaux, & devenir en quelque forte leurstributaires; mais comme tout est vicissitude dans ía Nature,Sc que les ouvrages les plus assermk de l’homme s écroulentavec le temps, ce Corps en sentit les longs outrages, Sceut ses temps de splendeur, ses crises & ses révolutions.

3- me ÂGE

DU MONDE.

FRANCE

ancienne.