SUR LES M O N U M E N S. 143contrées de cette partie la plus noble de la terre, íè fitégalement dans toute l’Europe.
C est très-mal-à-propos qu’on attribué aux Normands,après leur prise de possession de ía Neustrie, Sc aux Angloisaprès eux, les édifices sacrés du genre de ceux que nousappelons Gothiques, comme s’iïs eussent été les seulsconstructeurs de leur temps.
Avant Charles VI, les Anglois n’avoient point pénétrédans sintérieur de la France. Qu’iís aient élevé les cathédralesde Rouen & de Bordeaux dans le long espace de tempsqu’ils ont été souverains de ces provinces, cela est probable;mais nous avons plufieurs Métropoles célèbres, ouvragesde nos pères, qui dans ces temps reculés firent la gloireSc l’admiration de la chrétienté. Telles font celles de Paris,Reims, Bourges, Orléans, Amiens, Beauvais & plufieursautres: en Angleterre, Saint-Paul de Londres, tel qu’ií étoitavant í’incendie afsieux de 1 666, Sc qui, reconstruit, estaujourd’hui la seconde Basilique du monde.
Les Corps religieux déjà institués & dispersés dansl’Europe , se multiplièrent dans l’Itaïie & les Gaules. Lecénobite Benoît consomma seul ce que vingt Souverainsréunis n’eussent pu entreprendre ; disons plus : si toutes lespossessions de cet Ordre, célèbre à tant de titres, avoientété réunies au treizième siècle, elles auroient certainementformé le plus grand royaume de cette partie du monde. Cen’est pas même lans étonnement qu’on a vu des Souverainsse faire leurs vassaux, & devenir en quelque forte leurstributaires; mais comme tout est vicissitude dans ía Nature,Sc que les ouvrages les plus assermk de l’homme s écroulentavec le temps, ce Corps en sentit les longs outrages, Sceut ses temps de splendeur, ses crises & ses révolutions.
3- me ÂGE
DU MONDE.
FRANCE
ancienne.