3- me ÂGE
DU MONDE.
FRANCE
ancienne.
1^2 Discours
Les étendards de ïa foi & ceux de la guerre portèrentégalement f empreinte auguste de la Croix. Les peuples, envi-ronnés de ces drapeaux, ne quittoient les armes que pour creuserles fondemens des temples qu’ils élevoient au vrai Dieu.
Ces édifices sacrés se multiplièrent dans toutes les villes,& tels surent íes monumens de ces premiers âges dans lesGaules. Plusieurs siècles s’écoulèrent fans que ni les Arts niles Sciences fisient de progrès sensibles; loin de-là même,ïa religion & ses devoirs remplirent, pour ainsi dire, í’hommetout entier. Rome saccagée conservoit sous ses débris lesbeaux modèles ensans de ïa Grèce ; les restes des grandsédifices y ofFroient ceux des plus belles proportions def Architecture & ïe style des Arts fous les Empereurs. NosGaulois loin de ^approprier le goût riche & varié de cesmêmes Romains, qui en avoient enrichi toutes les provincesde leur pays, & dont la plus grande partie avoit échappéà la barbarie des peuples du Nord, ajoutent aux fureursdestructives de ces fléaux de f Humanité & des Arts, lezèle ignorant & superstitieux ; au lieu de sanctifier lesmonumens du Paganisme en les consacrant à ïa ReligionChrétienne, ils aimèrent mieux les démolir.
L’avarice commence par souiller les tombeaux; un zèleindiscret & mai entendu, détruit des chef - dœuvres pourn’en faire que des malles informes & grossières. Ce quis’est fait dans des temps d’ignorance profonde, a du moinscette ignorance pour excuse, mais íorsqu’on verra de nosjours même des exemples dune semblable barbarie, on nepourra trop déplorer les effets du faux zèle, qui a faitmutiler ou enfouir des monumens précieux de Iantiquité,ou d’excellens modèles. Ce qui se fit dans les Gaules àmesure que la lumière de FEvangiíe pénétra dans lès diverses