sur les'Monumens. 145raisonné son ouvrage; comment íes François parvinrent àse faire un genre particulier d’ornement & d’architectureinconnu jusqu a eux; nous verrons avec étonnement dansiexécution de plusieurs morceaux, régner un ton fi lugubre& fi effrayant même, oú les caractères de ía mort, jedirai plus, íes effets de ía putréfaction saisissent tellementpar íeur expression, que nos plus habiles Sculpteurs auroientpeut-être, de ía peine à réussir dans ce genre sépulcral quin’in spire que là tristesse & í’horreur.
Mais quittons ces temps de barbarie ; & pour nousrapprocher des temps de ía renaissance des Arts, parcouronsíes monumens auxquefs on a attaché queíqu’intention utile& patriotique.
Que j’aime à voir îe brave Duguesclin reposer aux côtésde son Prince, ïe sage Charles V. Ici j’aperçois qu aí exemple de ce Monarque, Louis íe Grand a placé Turenneparmi les Bourbons. Louis XV eût fait íàns doute íe mêmehonneur au Maréchal de Saxe, si Ia même croyance eûtexisté entre ce Monarque & son Générai.
Des monumens de cette espèce honorent autant Ie Sou-verain qui íes élève, que íe héros à ía gloire duquel iísfont érigés. Les uns & íes autres, en nous donnant unehistoire suivie, &, pour ainsi dire, pariante de leurs temps,nous transmettent jusquaux attributs qui, dans íes diversrègnes, caractérisèrent ía Royauté, & nous peignent mêmeIes mœurs grossières de leur siècle.
À mesure que ces objets s’éloignent de nous, & serapprochent de Dagobert, iís en deviennent plus précieux& plus intéressans. La force de nos anciens François y estexprimée par Ia longueur & íe poids énorme de leurs armes ;Ia rudesse de leurs mœurs & de íeur goût, par Ia bizarrerie
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3- me ÂGE
DU MONDE.
FRANCE
ancienne.