3- me ÂGE
DU MONDE.
FRANCE
ancienne.
148 Discours
dont iï avoir prévu le malheureux íuccés. Saint Bernardcontinue ses travaux apostoliques, s’occupe à grossir fa tribu,élève une infinité de nouveaux monastères, qu’il dispersedans plus de vingt royaumes, Sc consomme en quelque sortela grande entreprise du premier fondateur, Saint Benoît,en portant ïa fécondité dans íes campagnes arides, Sc enaffurant à cent générations qui doivent succéder à la sienne,la vie, le repos, la douceur de la retraite, Sc les moyens dese sanctifier.
Inexpérience désastreuse du passé n’avoit point encorecorrigé les Puissances de l’Europe de la fureur des guerresd outre-mer; il en manquoit une plus malheureuse encoreque les précédentes pour íes en dégoûter tout-à-fait, &ce fut le plus saint de nos Rois qui la fit, & quelle nedécouragea pas même allez pour n’en pas entreprendre uneseconde, la plus funeste de toutes, puisque ses armées ysurent détruites & que lui-même y perdit la vie.
Si ce Monarque, infiniment respectable par ses talenspolitiques, son courage & ses vertus chrétiennes, se sûtuniquement renfermé dans les foins du gouvernementintérieur de ses Etats, il eût été, n en doutons pas, ìe plusgrand Souverain de la Terre.
11 déposa dans ïa chapelle qu’il fit bâtir dans ion palais,íes saintes reliques qu’il put se procurer dans ïa Palestine,& celles qu’il acheta des Vénitiens. Ií fonda aussi shôpitaídes Quinze - vingts pour trois cents Officiers ou Soldatsqui perdirent la vue dans son expédition de la Terre-Sainte.Un zèle plus éclaire n eût certainement point nécessité unétablissement fi extraordinaire. On lui doit l’affranchiíìèmentdes communes, Sc ce fut le premier pas que firent les Roisvers sautorité dont ils jouissent aujourd’hui.
La