SUR LES M O N U M E N S. I 6 3tourbillons de fumée Sc de poussière en fe dissipant,présentent une scène d’horreur qui épouvante Sc attendritégalement ìes deux Princes. C’est la fleur dune générationpresquentière moissonnée par la flamme & le fer. C’estparmi les débris amoncelés des armes brisées, des membresépars, que des troncs mutilés invoquent à grands cris lamort trop fente à terminer leurs souffrances.
Guerriers, à qui ce récit retrace cette journée fi glorieuseSc fi terrible, dites-nous, quelle impression de terreur Scd attendrissement ce spectacle essioyabïe porta dans famésensible de ces Augustes Princes? rendez-nous ces parolesmémorables que fa compassion leur arracha, Sc faites quellesparviennent jusqu au Trône du jeune Monarque qui nousgouverne! Mon -père, s écria fe Dauphin traversant cettescène ensanglantée, ah mon père ! qu il en coûte à uneame sensible pour remporter de telles vióloires. Mon fils,fui répond fe Roi pénétré de fa même douleur, ce quevous voyece que vous touche £ doit vous apprendre àquel prix on achette de pareils triomphes.
Orateurs chrétiens qui venez de prononcer ïes élogesfunèbres de ces deux Princes magnanimes, fi vous n’avezpoint rappelé à vos concitoyens ces élans précieux de ïeurame, ïeurs vrais caractères vous ont échappé.
La défaite de f armée ennemie est presqu’aussitôt suiviede fa reddition de Tournai. Le combat de Mêle, fa prisede Gand, cesse d’Oudenarde, de Bruges, de Dendermonde,d’Ostende qui avoit résisté trois ans Sc demi à Spinoïa, Scqui ne tint pas quinze jours devant Lovendhaíï, ajoutent àfa gloire de nos armes. II ne restoit plus pour etre maîtredu comté de Flandre, que Nieuport, Sc cette ville cédabientôt à íascendant des François.
3 - nie ÂGE
DU MONDE.
FRANCE
moderne.