162 Discours
^ me Âge
DU MONDE.
FRANCE
moderne.
de repasser ïe Rhin, tandis que son disciple, & déjà son rival degloire, ïe maréchal de Saxe, contient les Alliés à Courtrai, &ïes force, par ses savantes manœuvres, à se consumer eux-mêmes.
Louis échappe à la mort qui Ie menaçoit, & à peineest - ií rétabli, qu’auffitôt il reprend ses projets & veut finirïa campagne par une expédition glorieuse qui en impose àl’ennemi, venge ïa nation des alarmes qu’iï lui a causées, &assure ïa tranquillité de íes frontières. Malgré ïa saison quis avance & ïes obstacles qu’eïíe semble accumuler, il investitFribourg, l’aífiége, & se n rend ïe maître ; rentre triomphantdans fa capitale, & jouit des transports d’un peuple innombrablequi soupiroit après son retour, óc qui d’un concert unanimeIe proclame Louis le Bien-aimé.
Tout est prévu pour Ia campagne suivante, & ïes opé-rations commencent par ïe siège de Tournai. Les Hoïïandois
alarmés veulent qu’on risque tout pour sauver cette place.Louis, averti du projet des Aïíiés, se propose de ïes combattrelui-même; il mène avec lui son fils nouvellement mariéà ïa seconde des Infantes d’Espagne.
Champs de Fontenoy, théâtre de ïa gloire du MonarqueFrançois, vous ferez un monument éternel de fa tendreíìèpour ses sujets, & de fa pitié pour ses ennemis terrassés.La victoire balance long-temps indécise entre ïes deux partiségalement animés au carnage. L’Angïois farouche, qui faitïa principale force des Alliés, paroît quelque temps écraserde sa maíse énorme Tannée Françoise. Enfin cette cavalerienoble & brillante, qui sait Ie cortège ordinaire du Souverain ,s’avance contre cette forteresse ambulante, Ia foudroie, Iadisperse, & sa destruction décide Ia victoire.
Louis, maître du champ de bataille, jouit un instantavec son fils, de í ivresse d un premier triomphe; mais íes