SUR LES M O N U M E N S. 19 I
tes soins à les entretenir à ce point utile de maturité où «elles font parvenues, à hâter celíes des nouvelles décou- «vertes, & sur-tout à prévenir leur décadence, qui annon- «ceroit le retour prochain de la barbarie. Heureux d’avoir «préparé íe règne des Beaux-arts; c’est à toi, Prince auguste, «à jouir des fruits de I’arbre que j’ai planté, & à te repoíèr «fous Íoit ombre délicieuse! »
L’ombre fe tut à ces mots, & rentra dans íe silence &la nuit éternelle du tombeau.
Le jeune Monarque, animé de plus en plus du désir deconnoître tout ce que fa Capitale renferme de plus rare &' de plus précieux, poursuit cette visite intéressante. Condé,Turenne & Louvois l’attendent aux portes de cet immense.& superbe édifice destiné à servir de tombeau à la valeur; ils1'introduisent fous ces voûtes majestueuses qui inspirent unsaint respect. Le Monarque va d’abord aux pieds des autelsoffrir fes hommages au Roi des Rois, parmi ces r estes devénérables Bataillons échappés aux ravages de la guerre,prosternés fur Ie marbre ék adorant comme lui Ie Dieu quisanctifia leurs combats. Leur foi, leur espérance fe ranimenten la présence de leur Maître, & ils demandent au Dieudes armées une longue fuite d’heureux jours pour ce Princefobjet de leur amour & de leur vénération ; c’est dans ceTemple auguste que Louis reconnoît le Tabernacle du Dieuvivant, décoré de toute ía pompe & de tout leclat qui íecaractérisent; ïe génie de fhomme semble s’être surpassé dansïa distribution & les ornemens de cet édifice majestueux.
Le jeune Monarque ne veut point sortir de ce nobleasile de la valeur, fans avoir vu de plus près ces Vétéransblanchis au service de fes pères & de la patrie. II les voitces vieillards, courbés par l'âge ou défigures par d’honorables
3- me ÂGE
EU MONDE.
FRANCE
moderne.