j. mc AGE
DU MONDE.
FRANCE
moderne.
202 Discours
grâces, ces traits formés pour famour. Là une gaieté vive, desyeux pleins de feu expriment la pétulance de la jeunesse.La virilité s’y montre fous des traits plus formés & plusfièrement prononcés : des rides, quelques restes de coloris,des cheveux Lianes annoncent la vieillesse, un front profon-dément sillonné, des yeux éteints, un teint flétri, des musclesaffaissés, la caducité. Mais ce qui surprend le plus, c’estque le caractère moral de chacun de ces portraits est auflìheureusement exprimé, que les traits rendent Lien la ressem-blance. Dans cette fuite de portraits de toutes les conditions,Louis reconnoît une partie de ceux dont le concours brillantembellit íà Cour (b).
Mais parmi ce nombre infini de merveilles, le jeuneMonarque donne une attention particulière aux productionsd un Artiste qui a porté au plus haut degré la magie de lapeinture. La Nature, dans ses tableaux, est rendue fous tous
ses rapports de repos & d’activité, & est toujours la Nature :l’air même, ce fluide, notre premier aliment, le premiermobile de nos ressorts, le véhicule de nos sensations diverses;ct qui, par son excessive subtilité, semble ne pouvoir êtresaisi par aucun de nos sens: f air, dis-je, est rendu sensiblefur les toiles par fartifice de ce pinceau magique.
Louis fe croît transporté par enchantement fur ces mêmesrivages qu il vient de quitter. Ce font exactement les mêmes;c est la Nature, c’est la vie. Ií revoit ces ports, ces magasins,ces chantiers, où un monde d’ouvriers paroît occupé à em-barquer nos denrées, ou à débarquer les retours des plageslointaines & des travaux de la construction ou du radoub.II lui semble même entendre le bruit des haches & desmarteaux, dont les coups font répétés par les échos qui les
(b) Portraits,