SUR LES MONUMENS. 2 O 3muítiplient ; ïe sifflement des vents qui enflent les voilesSl qui vont bientôt faire disparaître à ía vue de mères &d épousés éplorées, ìes objets de íeur affection quelles nereverront peut - être plus.
Plus loin on voit íe soir d’un beau jour. L’astre brillantqui anime ïa Nature disparaît dans un lit dor & de pourpreque réfléchit le cristal des ondes ; tandis que la lumièreargentine de la Lune remplace, au côté opposé, ce viféclat, & colore dune teinte douce, des rivages que laNature paraît setre plu à embellir.
A ce beau jour succède la plus belle des nuits: tout dansla Nature paraît dans íe silence & le repos; sauf la tendrePhilomèle, dont les accens mélodieux font retentir les bos-quets, & Ie Pilote, qui, f œil fixe fur fa boussole, ne peut selivrer aux douceurs du sommeil. Voyez sur le tillac ía partiede f équipage qui veille avec lui, se livrer à des jeux innocenspour charmer fennui dune longue navigation ; & tandis queía Lune, parvenue au méridien, semble se complaire àéclairer cette scène charmante, les habitans de l’humideélément se jouent aux deux flancs du vaisseau qu un ventfrais fait voler fur la surface des ondes.
3. nie ÂGE
DU MONDE.
FRANCE
moderne.
Mais la bonace ne peut être letat permanent du plusinconstant & du plus redoutable des éíémens. Les fiersAquilons, joignant leur fracas au bruit du tonnerre, au feudes éclairs, semblent leur disputer le droit affreux d’épou-vanter ïa terre & fonde. La mer, émue jusqu au fond de sesabîmes, se courrouce & s elève ; des vaisseaux, affalés fousune côte de fer, malgré les efforts des matelots, s y brisentavec un bruit horrible : les tristes restes de l equipageparaissent sur la grève dans faction la plus violente, poursauver quelques malheureux qui luttent encore contre la mer