3 . nie ÂGE
DU MONDE.
FRANCE
jnoderne.
208 Discours
» Iappareil formidable dune forteresse imprenable, demande
le Monarque!.» Sire y lui répond le gardien de ce
précieux dépôt, cefl le mont Saint-Michel. ... Le Princefrémit à ce nom terrible, de îa cruelle nécessité où fontíes meilleurs Rois de réprimer les entreprises des hommespervers ; & il a éprouvé ie même sentiment toutes lesfois qu’ií a aperçu dans fintérieur de ses Etats de cesmonumens de vengeance.
S’il voit avec plaisir des villes immenses & décorées deplaces vastes & superbes, de magnifiques édifices dont íesdéfenses font ornées de plantations agréables, son cœur estnavré à l’afpect de ces villes désolées, dont les enceintesouvertes de tous côtés par feffort redoublé de cesfoudres d’airain qui Ies mettent en poudre, ne présententque des monceaux de ruines qui semblent encore teintes duíàng de ces vaillans guerriers, qui aux dépens de leur vieont soutenu contre les efforts redoublés des ennemis, cesremparts jadis imprenables; mais que les temps, & plusencore la science de fattaque des places, ont renversés. Cespectacle de désolation excite encore en son ame sensibleune impreffion d’horreur, en considérant tout ce que laguerre traîne après elle de calamités ; mais il n’en sentpas moins la sagesse des Rois ses prédécesseurs, qui ont misentre eux & la jalousie des Puissances qui Ies environnement,des barrières fi redoutables par leurs masses imposantes, &fi difficiles à forcer.
Convaincu, d après cet examen intéressant & réfléchi,qu aucun Potentat de ì’Univers ne réunit à tant d avantages,dont le climat fortuné de la France jouit, d’auffi puiíïànsmoyens de les faire valoir & de Ies soutenir, Louis pafleauffitôt de cette galerie la plus vaste du monde, qui contient
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