3™ ÂGE
DU MONDE.
FRANCE
moderne.
212 Discours
sans balancer aux intérêts de fa patrie, Sl qui fait céder,par un courage étranger à son sexe, la Nature & í’amour àfobéiífance quelle doit aux Dieux & à son père : c’est enfinun amant paífionné & furieux, un héros implacable, quirenonce à la gloire son idole, pour réécouter qu une paífionterrible à laquelle il veut tout plier; mais une Divinitébienfaisante, touchée de tant de piété, de fourmilion, arrêtele bras du sacrificateur, déjà levé fur l’innocente victimeparée & enchaînée à Fautel, récompense au même instantia vertu héroïque & pure de cette jeune princesse en larendant aux vœux d’Agamemnon son père, en rappelantà la vie une mère accablée du coup qui doit percer fafille chérie, & qu’elle retrouve dans fes bras ; enfin, encouronnant ceux d’un amant généreux, qui n’eût pu survivreà l’objet de fa tendreíïe.
Avec quelle force & quelle vérité ce peintre sublime desgrandes situations les rend toutes! fes accens, tantôt fiers &terribles, tantôt pathétiques & déchirans, vont fouiller tousles replis du cœur, & y développent tous les fentimens quepeuvent avouer la Nature & la raison.
C est à ce spectacle touchant que notre auguste Souveraine,non moins intéressante qu’íphigénie, partage avec le Mo-narque son époux, ces fentimens d’astection paternelle qu’ilsont pour leurs sujets , óc c’est au milieu deux quelle aimeà jouir des transports que fa présence inspire. Ce cri ducœur srançois, ces élans de lame, ont excité dans la siennef émotion la plus vive. Des larmes, oui François, des larmesen font les marques; mais quel prix cette Princesse adorablen’ajoute -1 - elle pas à ces naïves expressions de fa sensibilité,par le témoignage quelle rend à vos fentimens! « François,33 il n’est que vous íur la terre, s’écrie-t-elíe avec transport,
oui,