SUR LES MONUMENS. 2 I J
Ah, qui rendra, François, sattendrissement, dont lob jetsacré de cette mystérieuse cérémonie, les coopérateurs Scles témoins de cet acte solennel sont pénétrés I Que leslarmes qu’on répand de toutes parts, font délicieuses ! non,jamais les âmes ne surent auffi puistamment, auffi profon-dément remuées; Sc quel cœur ne se sentit briser à cetinstant,* où sauguste épouse de notre jeune Monarque, sur-chargée Sc en quelque sorte accablée des sentimens divers quelui íàifoient éprouver chaque moment, chaque circonstancede cette solennité, se trouva forcée de disparoître pour sedébarrasser dune partie de ce fardeau délicieux, mais quiépuise à la fin les forces dune ame qui sent vivement ! Unmoment d’absence a suffi pour calmer ïa violente agitationqu’ont excitée chaque acte de cette imposante solennité, Scpour la mettre en état de soutenir les épreuves nouvellesauxquelles on va mettre encore ía sensibilité.
A peine elle reparoît, quelle se voit elle - même sobjetdes acclamations, Sc quelle partage avec son auguste épouxles hommages qu’on lui rend. Ce font les Ministres desPuisstnces étrangères, témoins de l’émotion de cette augustePrincesse, & fur qui elle a fait ï’impreffion la plus forteSc la plus attendrissante, qui donnent eux - mêmes le ton ;avec quelle ardeur on s’empresse à répondre à de fi justestransports î Tout est François dans ces momens intéressaisqui, pour nous servir des propres termes de Sa Majesté,ont pénétré son cœur d'un sentiment profond qui nes effacera jamais (k).
Les Étrangers même deviennent François dans ce joursolennel, Sc s’uniffent du fond de lame à ce concert d accla-mations Sc de bénédictions qui portent, pour ainfi dire,
(k) Lettre du Roi à M. f Archevêque de Paris, 12 Juin 1775.
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z>° ÂGE
DU MONDE.
FRANCE
moderne.