3« me ÂGE
DU MONDE.
FRANCE
moderne.
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notre jeune Maître sur le Trône. Des fables brûlans deTAfrique, du sein même de ces Nations presque aussi férocesque les animaux cruels que cette contrée nourrit, un habitantdu mont Atlas, témoin de cette mémorable époque, esttout - à - coup transformé en un autre homme : oui, mesconcitoyens, ses pleurs & ses transports sont naturalisé; c’eítun François depuis íe jour intéressant où notre jeune Roi,placé sur son Trône dans toute la pompe & I éclat de íamajesté par ses frères même, les Princes de son Sang, lesGrands de son royaume, reçoit ies hommages de fa Nationentière par ces augustes représentant Au moment où unpeuple innombrable, introduit tout-à-coup dans ce Templevénérable, se prosterne & adore le Roi des Rois dans fa viveimage; & mêlant ses acclamations au chant des hymnes detriomphe, au son des inítrumens guerriers, au bruit des salvesredoublées de l’artiílerie & de ía mousqueterie surmonte, par1 éclat des cris de vive le Roi, & étouffe, pour ainsi dire,tout autre bruit; tandis que Iairain suspendu dans les airs,annonce au loin í’heureuse fin de Ia plus brillante & de Iaplus auguste des cérémonies ; bientôt, des extrémités duroyaume, ies transports de salíégreffe universelle répondentà ceux qu’excite dans Reims ce fortuné moment.
Yvreíïe précieuse, que vous répondez bien à I’affeétionpaternelle que Louis porte à ses peuples î Quelle preuveplus authentique en voulez-vous, François, que Tordre quibrise Ies barrières que Tubage met entre vos Maîtres & vous,que le refus que fait ce Prince des décorations dont on veutembellir Ies lieux de son passage, en ce qu’elles pourrbientvous dérober le plaisir inexprimable de porter vos regardsfur lui, & dérober son peuple aux siens l que la doucepopularité de votre bon Roi, qui lui fait en quelque forte