IV
Observations
marcha la pique à ía main: ii ía mit sur i’épaule en y entrant, paíîà devantAi. le Dauphin; & laiíïànt ia statue à gauche, il ia salua de Ia pique.
Le Gouverneur & le Prévôt des Marchands, suivis de leurs Gardes, passèrentausix devant la statue en la saluant.
AI. le Dauphin qui vouloìt voir l’illumination, dont ía statue du Roi devoitêtre éclairée, & le feu d’artifice qu’on devoit tirer à la place de Grève, enattendant que Ia nuit fût venue, alla prendre le divertissement de f Opéra.
PLACE VENDÔME .
La place de Louis-ie-Grand, autrement dite la place Vendôme, est une desplus grandes, & incontestablement la plus régulière & la mieux décorée del'Univers. Le petit portail des Capucines est fun des ornemens les mieux en-tendus qui puistènt terminer le débouché qu’elíe a du côté du nord. La statueéquestre qui est placée au centre, a quelques beautés; mais on ne conçoit pointle mauvais goût des Artistes qui ont coiffé d'une énorme perruque un roi vêtuà ía romaine ; perruque que les mouvemens d’un cheval, dont faction doitêtre animée & relevée , ne peuvent què déranger à tous mo.mens, &'par conférquent embarrasser le Cavalier.
PLACE DE LOUIS XV.
Quand f Architecte, qui donna les destins de h place de Louis XV, voulutfaire approuver ion projet, il en fit le plan en relief, & il eut foin de le placerau-dessous du spectateur, pour qu il ne perdît rien des détails ; mais le spectateurtrompé, fit à son tour illusion à f Artiste, qui ne songea point que sa Place nepouvoit faire d’effet qu’à vue cfoiseau.
Ce qu’on pourroit actuellement faire de mieux, ce íeroit de retirer des ma-tériaux mal employés, de combler des fossés qui ne font aucun effet, & d’employerles mêmes matériaux à terminer le quai qui est en face de la Place.
La statue équestre du feu Roi, pour laquelle cette Place a été faite, réuniten même temps de grandes beautés & de grands défauts, qu’on ne peut ni nedoit dissimuler pour 1 instruction des jeunes Artistes, qui, par respect pour lesgrands Maîtres, copient jusqu’à leurs fautes, quand on ne les éclaire pas. Lapostérité saura gré à M. de Voltaire d’avoir commenté le grand Corneille, &de ne s’en être pas laissé imposer par un grand nom. Nous oserons donc jugerBouchardon , quel que soit notre respect pour les talens de ce grand artiste.
Dans un monument du genre de celui dont il est question, il y a deuxchoses à considérer , f homme & le cheval : & dans ce dernier il y en a trois ;lavoir, savant-main, le corps & 1 arrière-main : à prendre chacune de cesparties en particulier, les connoisseurs y trouveront les plus grandes perfections.
La tête est belle, bien placée, bien attachée à l’encolure, qui n est ni effiléeni trop fournie, & toutes ses parties font dans leurs justes proportions.
Ceux qui trouvent la tête trop élevée, & qui prétendent quelle cache le
Cavalier,