S U R L E S MONUMEN S. y
Cavalier, en jugeroient mieux s’iís étoient fur un plan parallèle au sommet dupiédestal. Le pli en est noble Se plein de grâces.
Les épaulés íont ía plus belle partie de ce cheval, on y voit le jeu desmuscles, pour opérer la belle attitude que l’Artiste a donnée à la jambe gauchede lanimal. Les extrémités antérieures font pleines de détails où les connoisseurstrouveront des beautés lans nombre. Le dos, les reins, les côtés, les flancs,toutes les parties qui forment le corps, peuvent soutenir l’examen le plusrigoureux. On en peut dire autant de toutes les parties de l’arrière-main ; maisce qu on peut avec raison reprendre dans le célèbre Artiste -qui a exécuté cemonument, c’est:
i.° D’avoir pris son modèle trop vieux, quoique le cheval qu il a copié eûtété dans son jeune âge un des plus parfaits de son genre, ce qui fait que lacopie participe en général des altérations que la vieillesse avoit opérées dansì’original, Sc que les connoiflèurs sentent si bien.
L." L'allure indéterminée qu’jí a donnée à l’animaí: cette allure, en estèt,n’est ni le pas où le cheval a toujours trois pieds fur le fol; ce qui auroit en-tièrement évité un pli trop fort dans la cuiflè droite, Sc cette jambe en I air àlaquelle il a fallu donner un appui factice qui produit un mauvais effet.
Ce ne peut être auíìi le trot, Bouchardon n’auroit certainement pas choisil’allure la plus désagréable pour un Monarque qui entre dans là Capitale, Scpar conséquent la moins propre pour son objet.
Ce n’est point non plus le pajfage; cet air de manège, qui doit être raccourci,n’est pas celui qu’a íe cheval, puiíqu’ií est très-alongé dans íe déploiement dela cuisse Sc de la jambe de derrière : d’ailleurs, cet air exige de la part ducavalier une attention que ne doit point avoir un Monarque, qui la doit touteentière aux témoignages d’amour Se de respect qu’il reçoit de lès Peuples, aumilieu desquels on íe supposé. Plus de docilité aux conseils du feu Comte deLuberfac, l’homme du monde, permettons-nous de Ie dire, íe plus profonddans í’art de lequitation, Se qui certainement connut Ie mieux les formesexquises du cheval, eût fait éviter à cet Artiste célèbre les défauts qu’on peutlui reprocher à cet égard. II eût fallu de plus qu’il eût fait une étude particu-lière Sc approfondie de la nature de cet animai, ce que peu d’Artistes, Sculpteursou Peintres, ont fait jufqu’ici, Sc ce qu’a entrepris avec constance Sc un grandtravail, le sieur Sally, pour exécuter à Coppenhague un monument du mêmegenre.
Avec les défauts dont nous venons de rendre compte, ce cheval est íânscontredit Ie plus beau de tous ceux qu’on a connus jufqu’ici, Sc ne ressembleen rien à ces masses informes que nous voyons dans divers quartiers de cetteCapitale.
Quant à la position de l’homme, les amateurs en cavalerie les plus difficilesà contenter, auroient bien de ía peine à y reprendre ía moindre chose. C assiette,cette partie la plus eíîentieíle de l’homme de cheval » est dans ía plus exacterègle ; les cuiíïès font bien posées, fans être ni trop en avant ni trop en arrière;
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