vj Observations
les jambes tombent sens roideur ; & telle est i’union de toutes les parties, queì’homme & le cheval sembient ne faire qu’un seul & même corps. Bouchardonparoît avoir fixé la feule vraie , la feule belle position ; & s’il s 'élève de nouvellesdifficultés fur ce point le plus eflèníiel en cavalerie, on peut renvoyer les maîtresà ce modèle, qui en est un de noblesse, de liberté & de grâces; le corps étantbien d’aplomb sor se base nécessaire, qui font les fesses; la tête bien placée furles épaules ; les épaules bien fur les hanches. Les vrais connoiíseurs desireroientseulement, que le bras & le poignet de la main de la bride fuísent un peuplus arrondis; que le doigt index ne fût pas ouvert, & que le poignet tombâtun peu moins : si encore il falloit que le Roi fût vêtu à la romaine, pouréviter les étriers & les étrivières, qui donnent de la roideur à la jambe, on eutvoulu que le costume Romain eût été observé en tout ; il étoit donc eísentielde ne point donner au cheval une bride à ía françoise, que les Romains, quine fe fervoient que de filets, n ont jamais connue.
Les vrais connoiíìèurs observent encore avec juste raison, que le cheval esttrop grand pour le cavalier , ou le cavalier trop petit pour le cheval : Nousconcluons qu’eflèctivement cela nous femble tel ; que le feu Roi ayant environcinq pieds cinq pouces , il pouvoit très-bien monter un cheval de quatre piedsdix pouces, vraie taille de cheval de guerre, mais non pas un cheval de. cinqpieds ; qu ainsi le Sculpteur auroit dû partir d’après même ía taille du Monarque,pour le monter fur un cheval de guerre ou de parade d’une taille proportionnéeà la sienne, ainsi que nous venons de l’obferver. L’on croit encore que si lastatue du Roi avoit dix pouces de hauteur de plus qu elle n’a, & que le chevalen eût feulement six, alors les proportions feroient beaucoup plus exactes,íûr-tout pour l’elpace immense qui environne le monument.
Enfin l’on voudroit que le piédestal eût un pied de moins delévation, cequi feroit que le cheval & le cavalier en paroîtroient beaucoup plus fournis,étant moins dévorés par l’air.
L’on ne' peut rien voir d’auffi lourd & d’auffi mal imaginé que les quatrefigures qui flanquent les angles du piédestal, si ce n’esl les ornemens qu’on amis au pourtour de son sommet.
Quant aux deux bâtimens en colonnades qui décorent le côté du nord decette Place, 1 architecture en est un peu maigre pour l’eípace qu’ils occupent : Lescritiques judicieuses & multipliées qu’on a faites du tout ensemble, nous diípenfentd’entrer en de plus grands détails. Cependant en examinant dans leur vraipoint d’optique les deux façades décorées qui terminent cette Place au nord,on y remarque de grandes beautés ; les ornemens des travées sont bien entendus& supérieurement traités. Si ce n’est pas tout-à-fait ce qu’ií falloit faire, ondoit au moins à l’Architecte la justice de convenir que ce qui est fait, lesttrès-bien dans son genre.
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