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Observations
Ce monument a été de'crit tant de sois que ce seroit une superfluité d’entrerici dans de nouveaux détails. Les connoisseurs admirent la coupe & ies bellesproportions du dôme, sur-tout dans son intérieur, & aussi les étonnantes &magiques peintures qui le décorent ; mais le peuple ne voit d admirable danscet hôtel que ses énormes marmites, ce qui prouve que tout est relatif.
Quatre mille Guerriers, cassés par i’âge, couverts de cicatrices ou mutiléspour le service de la patrie, y íbnt logés, nourris & entretenus pour le restede leur vie, & y reposent après leur mort : c’est un État particulier dont lesmembres ont généreusement payé le tribut à César, & César en est le père.
Observations de V Auteur sur ce monument.
Dès-íors que les Officiers & les Soldats ont droit, après un certain tempsde service fixé par le Prince, de se retirer & d’aller se reposer pour séternitédans ce tombeau de la valeur; pourquoi les Officiers généraux n’ont-iis pas lamême prérogative de sepulture dans ce même tombeau? Ne seroit-il donc pasà delirer qu’au centre de ce íìiperbe & vaste dôme l’on y élevât un mausoléeà i’honneur des Maréchaux de France, & que ce cénotaphe fût simplementune statue colofsele de marbre blanc, représentant la France épi orée s appuyantsur une urne, & tenant d’une main une grande table ou cartel de marbre noir,sur lequel seroient seulement gravés les noms de ces Chefs militaires, avec ladate de leur mort : que dans les chapelles du dôme il y eût aussi d’autrestombeaux ou semples cartels, pour y recevoir les noms des Officiers générauxselon leurs grades, quand bien même ils seroient décédés loin de la Capitale,à la guerre ou dans leurs châteaux. Ce nécrologe honorable pour les Maisonsnobles leur fourniroit en quelque sorte de nouveaux & bien recommandabíestitres.
L’on desireroit encore que les Maisons qui ont eu & ont i’honneur d’avoirdes Maréchaux de France, fistènt faire à leurs frais les statues , en pierre deLiais , de ces illustres ancêtres, dans le costume guerrier & de leur temps ; queces statues euísent six pieds de proportion, & qu’on les plaçât au pourtourde l’intérieur des galeries de la cour. Cette fuite de Généraux deviendroitassurément pour ies vieux serviteurs du Roi & de la Patrie, qui habitent cetteretraite militaire, un spectacle bien satisfaisant ; & quel contentement n’au-roient-ilspas de pouvoir fixer ì’image de ces illustres Guerriers sous Ies ordres,desquels ils auroient combattu î
ÉCOLE ROY A L E-MI LIT AI RE.
Un des monumens qui peint le mieux la bonté de Louis XV, c’est senscontredit ¥ École Royale - militaire, que nous avons déjà nommée le berceau deVhonneur; en effet, rien ne caractérise fi bien le cœur de ce Monarque, donti’Étranger comme le François, ont loue mille fois la douceur, la modération,ía justice & la bonté, que cet établissement élevé par ses ordres, sous íeministère du Comte d‘Argenfon, & sous ia conduite d’un excellent & zélé citoyen