xi; Observations
surnuméraires s’exerçaísent dans les diverses manœuvres analogues à un Cavalier.M. de Bongars, Officier Maréchal-des-logis de ia Troupe, montra du zèle, &présenta même quelques règlemens de discipline qu on fit observer aux surnu-méraires. Cet Officier ayant preíqu’auffi-tôt passe à l’École Royale - militaire,pour y occuper la place de Chef des exercices ; & M. le Duc de Chaulnesconnoifiânt les talens du Comte de Lubersac , voulut se í’associer pour exécuterson entreprise, à peine encore à ion berceau, le propose au Roi pour uneCornette dans son Corps, & bayant obtenue, alors il lui confia absolumentle soin de toute la conduite de ce nouvel établissement.
Le zèle, l’activité, de nouveaux travaux secondés de Inexpérience la plusconsommée, singulièrement dans les diverses parties qui constituent le Cavalier,en un mot, le défis d’être utile à son Corps & à toute la Noblesse, portèrentle Comte de Lubersac à courir une carrière absolument inconnue jusqu a lui. Setrouvant, pour ainsi dire, placé dans son propre élément, il commença par jeterdes fondemens solides; & à peine son édifice fut-il élevé, que presquaussitôton le vit habité par cent vingt Élèves, Télite de la Noblesse du royaume. Cenouvel établissement, qui atteignit rapidement à la perfection, réunifient abso-lument tout ce qui peut concourir à compléter l’instruction d’un Gentilhommequi se destine à la profession des armes ; tous les exercices qui en développant,en fortifiant le corps, peuvent contribuer à rendre l’homme souple, adroit &vigoureux, tels que íe maniement des armes, i’escrime, le nager, l’équitation,le voltiger, la danse, y étoient enseignés de la manière la plus claire & par desméthodes rigoureusement démontrées.
Tout ce qui peut orner & enrichir íe cœur & i’efprit de costnoifiancespropres pour soi-même, pour le monde & pour le service, y étoit égalementpratiqué; principes de Religion, Mathématiques, Fortifications, Dessin, Écri-ture, Géographie, Histoire, Langue allemande, cours de Belles-Iettres, confé-rences furie Droit public, intérêts des Princes, fur les Ordonnances militaires,sormoient les divers objets dont on occupoit sens cesse & avec le plus grandordre les jeunes Élèves; & jusqu’aux heures étoient tellement bien distribuées,qu ils trouvoient encore du temps pour se livrer à des récréations honnêtes,ou même à l’étude des connoiísences pour lesquelles ils se trouvoient un attraitplus particulier.
La réputation de cette École setendit tellement dans toute la France, quebientôt on y vit arriver tout ce que la Cour & le royaume avoient de plusillustre jeunesse, & l’on peut même affiirer que toute l’Europe en eut connoisesence, puisque de jeunes Seigneurs Italiens, Russes, Danois, Hollandois mêmey furent reçus avec í’agrément du Roi : disons encore que cette École a fournid’excellens Écuyers au feu Roi, à feu M. le Dauphin; des Officiers de la plusgrande capacité, singulièrement pour la partie de l’équitation, aux Gardes-du-corps, aux Carabiniers, aux divers corps de Cavalerie, Dragons & mêmeInfanterie; quelle fut le modèle de l’ÉcoIe royale-militaire, dont les places lesplus importantes ont été depuis données à des Élèves des Chevaux-léœrs.
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