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Le morceau íe plus conlidérabíe de cette magnifique décoration, & fanscontredit le plus intéressant de ia Capitale pour les vrais connoiíîèurs, est íachapeiie de la Vierge.
Marie à genoux, modestement inclinée , exprime fur son visage, par íemouvement de ses bras & par toute son attitude, Ie respect profond & la foivive dont elle est pénétrée au moment où elle va donner son consentement ausublime Mystère qui /opère en elle. L action hardie & aisée de la figure svelte& légère du Messager céleste qui montre à Marie la gloire d'où il descend,fait oublier tout-à-fait le poids de la matière dont il est composé; aux deuxcôtés de ce beau groupe font placés le Prophète Roi & Isaïe, qui ont le plusparticulièrement annoncé ¥ Incarnation du Verbe, tous deux destinés & drapésdu plus grand stile, La gloire feule paroîtra toujours aux vrais Artistes & auxgens de goût un ornement déplacé, en ce qu’il occupe un trop grand espace;quelques nuages légèrement groupés & vaporeux, d’où fustënt feulement sortisun ou deux rayons brillans, euslènt produit un tout autre estèt.
La décoration de çe dôme est terminée par un magnifique plafond de M.Pierre, aujourd’hui premier Peintre du Roi, représentant /Assomption de laVierge; cette production brillante étale avec toute la pompe imaginable ce quela Religion a de plus sublime & de plus intéressant. C’est íe tableau íe plusconsidérable qui existe dans la Capitale, & peut-être Rome même n en offrepas d’aussi conséquent ; l’on ose encore assurer qu’il réunit tout ce que la magiedu pinceau peut avoir de plus séduisant.
Le même Artiste a peint au plafond de ía chapelle de ía Communion íetriomphe de ía religion: on voit dans ce fécond ouvrage ía même intelligencede la perspective , la distribution Ia mieux entendue des groupes, íe mêmetransparent du coloris » & par-tout la plus heureuse facilité dans Ia compositionjointe à toute la noblesse & fa richesse de /imagination.
La chapelle du Calvaire termine le chevet de /église ; les objets qui ia décorent,Jésus-Chrisi crucifié, la Magdeleine épíorée, des soldats préposés à ía gardedu sépulcre & fixés fur un plan plus avancé, íe serpent, par qui Ie mal entradans íe monde, fuyant le Vainqueur de la mort & du péché, semblent emprunterun nouveau pathétique de ía lumière supérieure & artistement ménagée quiles éclaire ; Ie tombeau du Christ d’un marbre bleu turquin, n’a d’autre ornementque des urnes d’où fort la fumée des parfums, qui lie ce tombeau aux deuxcôtés des rochers. Un reste de colonne brisée fur laquelle font groupés diversinstrumens de ía passion du Sauveur, forme íe tabernacle. La disposition de cepathétique ensemble, est peut-être ce qui montre íe mieux le génie de /Artistequi i’a composé & qui n’en a trouvé Ie modèle qu’en íui-même.
Dans la croisée, aux deux petits autels qui font aux côtés de la grille duchoeur, font d’une part, /image du Sauveur agonisant au jardin des Olives,figure de Falconet, du plus grand stile, de ía plus belle expression, & qui portela tristesse & Ia douleur dans l’ame du spectateur qui Ia fixe; de /autre, cellede Saint Roch, de Couslou l’aîné.