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Discours sur les monumens publics de tous les âges et de tous les peuples connus : suivi d'une description de monument projeté à la gloire de Louis XVI & de la France : terminé par quelques observations sur les principaux monumens modernes de la ville de Paris, & plusieurs projets de décoration & d'utilité publique pour cette capitale / par M. l'abbé de Lubersac
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SUR LES M O N U M E N S. xxiîj

encore, s’il est possible, & qu’on donnera à notre théâtre le plus riche, le plusvarié & le plus décent de í’Uni vers, tout ce qui pourra contribuer à en augmenteria majesté.

L’on ne fauroit trop donner d'éloges aux Architectes du temps présent, quiont porté dans cette partie leur art au plus haut point de perfection : jusqu ace jour l’on avoit ignoré, au moins en France, la véritable coupe de í’intérieurdune salie , pour rendre la perspective de la scène favorable de tous les pointspossibles donnés. M. Moreau , architecte de la ville de Paris, a le premier réussidans la salle qu’ií a construite pour notre Opéra, ainsi que nous venons del’obíèrver : M. Liegeon a aussi, dit-on, exécuté en petit un projet pour iaComédie françoiíè, qui a mérité les applaudiísèmens de ceux qui i’ont vu; maisnous pouvons assurer que nous avons examiné dans le plus grand détail &avec le plus grand plaisir un nouveau projet de salle de M. Lenoir , exécutéaussi en petit modèle de huit à neuf pieds de long, fur cinq à six de large,avec toute la distribution intérieure des divers íogemens & dépendances quecomporte nécessairement une salle de spectacle ; ce projet nous a paru construitde manière à exiger un local isolé ; le pourtour de ce corps de bâtimens estdécoré de belles galeries couvertes, formant un péristile tournant qui faciliterainfiniment aux voitures & aux gens de pied l’entrée <5c la sortie du spectacle,même à couvert pour les uns <3t les autres.

Ce projet doit être présenté au premier jour à Sa Majesté, & son ne doutepas que s’ií en est agréé, on ne l’exécute pour les Comédiens Italiens, dans unquartier plus libre & beaucoup moins resserré que celui où ils font actuellement,qui ne fauroit être plus incommode.

COLLÈGE ROYAL DE CHIRURGIE.

Personne n’ignore que le Corps des Chirurgiens de Paris qui réunitaujourd’hui à la bonne Physique, les lumières les plus vastes & les plus sûressiu* l’économie animale, doit son illustration au célèbre M. de la Peyronnie,premier Chirurgien du feu Roi : c’est à cette époque glorieuse pour ce grandhomme , que cet art si intéressant pour Inhumanité s’est élevé rapidement au plushaut point où il semble pouvoir jamais parvenir ; & le vif éclat dont il a brilléà Paris, a porté la lumière dans toutes les provinces du Royaume, par le foinqu’a eu M. de la Peyronnie de sonder une Ecole, où des Professeurs démonstrateursen tous genres, font des Cours publics aux jeunes gens qui se destinent à cetteimportante profession , & qui par la suite doivent perpétuer & étendre Fart.

Les moyens que put fournir dans le temps cet homme généreux pour formerun pareil établissement & les circonstances , ne permirent pas alors de íe choisirun local qui répondît à i’importance des objets qui s’y traitent; mais Ia rapiditédes progrès qui ont été ia fuite des grandes vues du fondateur, a montré lanécessité de faire un Collège qui par son étendue & fa distribution, pût remplirles fins de son institution.