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Discours sur les monumens publics de tous les âges et de tous les peuples connus : suivi d'une description de monument projeté à la gloire de Louis XVI & de la France : terminé par quelques observations sur les principaux monumens modernes de la ville de Paris, & plusieurs projets de décoration & d'utilité publique pour cette capitale / par M. l'abbé de Lubersac
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Observations

imprimerie royale.

Lart cfe i Imprimerie est la plus utile & la plus ingénieuse des inventionsdes temps modernes. Cest à cette invention admirable que nous devons lesprogrès auíîì étonnans que rapides quont fait ies Arts & les Sciences. Enmultipliant ies productions du génie, elle a nécessairement formé des dépôtsimmenses & précieux qui seront jufquà la fin des siècles, des sources inépui-sables dont la fraîcheur & la salubrité porteront dans tout ce qui est du ressortde i esprit, lame & la vie, & qui répandus dans une infinité dendroits, nepériront jamais, quelques révolutions quil arrive à notre Planète, à moinsdune submersion totale du globe qui anéantisse à la fois Ies hommes & Iesmonumens des Arts.

Mais dans le nombre infini des établistèmens que nous appelons Imprimeries,celui qui certainement mérite le premier rang, est ¥ Imprimerie du Louvre. 11 yexiste une Typographie complette, dont tous ies poinçons & leurs matricesappartenans au Roi, ne fervent que pour elle feule, & dont les marques dis-tinctives font la fureté de toutes les pièces qui sy impriment : Cest ce dépôtunique & précieux qui lui assure la prééminence fur tous les établistèmens de cegenre, qui nayant point de poinçons particuliers, ne peuvent fe lèrvir quedes caractères que leur soumissent Ies Fondeurs ordinaires, & qui font com-muns à toutes les Imprimeries.

Cet établissement remonte à François I. er le restaurateur des Lettres & lepère des Savans. Ce Prince fit graver par Garamond des poinçons de caractèresgrecs connus par leur beauté, qui joints à ceux pour ies Langues étrangères,formèrent ìancien fonds de ¥ Imprimerie Royale, tant qu elle fut entre les mainsdes Étiennes, des Turneles, des Vitré & des Cramoifys; mais la fuite desEtiennes, pendant les guerres de religion & les troubles du royaume, avoitfait perdre à lImprimerie Royale la plus grande partie de íès caractères desLangues savantes.

Vers lan 1630, on fit de nouvelles tentatives pour la rétablir, & c est àM. le Cardinal de Richelieu, (dit le Président Hénault*), que lon doit le réta-blissement de cette Imprimerie. Trichet-Dufresne étoit chargé de la correction,Cramoisy étoit Imprimeur, & Sublet-Desnoyers, Surintendant.

Cette Imprimerie, quoique déjà célèbre, & protégée du Gouvernement,n avoit rien qui la distinguât des autres Imprimeries ; elle ne doit donc êtreregardée comme un monument royal, qu a lepoque munie des plus beauxcaractères, uniquement destinés pour elle, elle est devenue flmprimerie duGouvernement.

Ce ne fut qu en 1690, que M. le Chancelier de Pontchartrain, croyant lesLettres intéressées au rétablissement de lImprimerie Royale, chercha à lui donnerune nouvelle forme.

* Histoire de France, tome II, page jój, édit. Paris, 1768, in-q,,®