Glossaire, Prés,
SUR LES MONUMEN S. xxxj
M. A/iisson fut appelé de Lyon sa patrie, pour diriger ce nouvel établis-sement ; fa réputation & les éloges que le lavant D u Cange avoit faits delui, déterminèrent en fa faveur le choix du Gouvernement. II propos auMinistère de rendre cette Imprimerie vraiment royale, en lui affectant descaractères particuliers, & qui ne puíìènt être confondus avec ceux des autresImprimeries. Cette proposition fut très - accueillie ; on consulta des gens deLettres, des Artistes intelligens, les íìeurs Jaugeon, de l’Académie des Sciences,
Fìllot des Billettes, le P. Sébaflìen Truchet, & principalement le nouveauDirecteur.
On choisit un Graveur, auquel il fut prescrit de ne travailler que pourflmprimerie Royale feule: les sieurs Grandsean, Alexandre & Luce, célèbresArtistes, ont été occupés successivement à la gravure des poinçons, qui n’a étéachevée que íong-temps après. Ces poinçons & leurs matrices, font au dépôtde flmprimerie Royale, diípofés & rangés par ordre dans des armoires, ainsique ce qui reste des poinçons & matrices pour les Langues savantes, Grec,
Hébreu, Sir laque, Arabe, Arménien, qui font échappés au rapt des Étiennes;le tout fous la garde du Directeur, ainsi que le portent ses Provisions.
II y a dans ì'intérieur de flmprimerie Royale une fonderie pour la fonteparticulière de tous fes caractères.
L’ancien emplacement de flmprimerie Royale avoit varié suivant lescirconstances : le Roi Louis XIII voulut qu’on la plaçât dans le pavillonde la Reine, à la fuite de son appartement, & il y fit exécuter fousfes yeux plusieurs ouvrages. En 16p o, elle fut transférée du pavillon dela Reine aux Galeries du Louvre; & en 1722, M. le Duc d’Antin voulutque toutes ses presses fuífent réunies dans une même galerie, qui a quatre-vingt-douze pieds de long, fur trente-huit de large, & c est f emplacementquelle occupe aujourd’hui.
L’Impriinerie Royale, destinée dans son principe à fímpreísion des Livres& des grands Ouvrages qui font sortis & qui sortent chaque jour de fes presses,est devenue un monument de f amour de nos Rois pour les Sciences, qui aservi à faire de belles éditions, & à flatter les Gens de Lettres par f honneurqu’ils reçoivent, lorsque le Ministère juge à propos d’infíuer dans fímpreísionde leurs Ouvrages.
L’Imprimerie Royale, par le moyen des caractères particuliers & distinctifs * Édit d’Aoûtqui lui ont été affectés, est devenue flmprimerie du Gouvernement pour Arrít'du Conseiltoutes les pièces essentielles de f administration *. du6 Avril 1727.
Les Effets publics, lors du Système & dans les temps postérieurs, ont dûleur fureté à ses caractères. En effet, les papiers publics ne peuvent être contrefaitsfans porter avec eux des marques de fausseté; & quelques tentatives, dont sesuccès a été funeste à leurs auteurs, ont prouvé cette vérité.
Cet établissement est dans le département du Ministre de la Maison du Roi& de Paris : Les Ministres, indépendamment les uns des autres, & chacun pour ,la partie qui le concerne, y ordonnent les impressions qui s’y font.