Arrêt du Conseildu 21 Août
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xxxij Observations
« L’Imprîmerìe Royaíe n’est point sujette aux Règlemens ordinaires de ïa» Librairie, étant soumise immédiatement à i’autorité du Roi, ou aux ordresde eeux auxqueîs Sa Majesté en confie la direction. »
Le Directeur prête au Roi, serment de fa charge, entre les mains deM. le Garde des Sceaux.
Depuis 1690, époque du rétablissement de i’Imprimerie Royale, ia directionen a toujours été confiée à M. rs AniJJon, & M> Anison du Peron en est íetitulaire actuel.
BIBLIOTHEQUE DU ROI .
Origine if accroissement de cette Bibliothèque.
De tous les monumens du monde, le plus intéressant pour les Sciences, lesLettres & les Arts, c’est fans contredit la Bibliothèque des Rois de France, parle nombre & la nature des ouvrages qu'elle renferme dans tous les genres quifont du ressort de fimagination, du raisonnement, de f esprit & du goût.
Cette immense & précieuse collection, actuellement la plus nombreuse & laplus cómpíette, connue dans l’Univers, semblable à ces fleuves majestueux, quigrossis par mille sources dans un long cours, portent la vie & la fécondité danstous les pays qu’ils parconrent, & qui n’étoient à leur source qu’un simple filetd’eau ; cette riche collection , dis - je , n’eut, comme tous ies établiísemenshumains, que de foibles commencemens.
Quoiqu’il soit vrai de dire, que depuis i’avènement de la race Carlovingienneau trône de France, nos Rois ont toujours eu quelques Livres pour leur uíâgeparticulier ; jamais ces minces collections qui n'ont point été regardées commedes Effets de la Couronne, ne formèrent de dépôts fubsistans, & pour l’ordi-naire, elles se partageoient entre les héritiers du Monarque qui décédoit: aussin'ont-elles jamais mérité le nom de Bibliothèque.
C’est à Charles V, à ce Monarque sage & même lavant pour son temps,qu'on doit le commencement de ce dépôt permanent, qu’il fit placer (commenous l’avons déjà observé dans notre Discours) dans l’une des tours du Louvre,qui pour cette raison fut appelée la tour de la Librairie, & qui, chose bienextraordinaire pour ce siècle, fut porté à neuf cents dix volumes, dont unegrande partie formoit une collection de Bibles, de traductions de Bibles, deMissels, d’Heures, de Pseautiers, de Rituels & autres ouvrages liturgiques ; delivres de dévotion, comme Légendes, Vies des Saints, Histoire de miracles;& nuls autres ouvrages des Saints-Pères, que le Traité de la cité de Dieu,de Saint Augustin.
Quant aux livres des Sciences profanes, on y trouvoit des livres d’AstroIogie,de Géomancie, de Chiromancie qui étoient la sottise du temps : nuls livres dePhysique & de Philosophie; quelques-uns d’Histoires générales, entr’autres laVie de Saint Louis & l’Histoire des guerres d’Outre-mer : en Jurisprudence,les Décrétés, le Code & le Digeste, avec quelques Coutumes de diverses
provinces