SUR LES MONUMEN S. XXXV
déjà composé ce monument à iavènement de Louis XIV à ia Couronne: kBibliothèque qui n’étoit composee que de cinq mille volumes, se trouva à íàmort de plus de soixante-dix mille, sens y comprendre la plus riche & la plusprécieuse collection d'Estampes de toutes ies Écoles, d'un cabinet d'antiques,& de la fuite ía plus riche & la plus complette de médailles en bronze, en or& en argent, dont nous parlerons ci-après. Tous les plus célèbres Librairesétrangers /honorèrent de concourir gratuitement à enrichir ce précieux dépôt.M . 15 les Abbés Colbert & de Louvois furent successivement pourvus de la chargede Bibliothécaires du Roi, & ne contribuèrent pas peu à fau gm enter : f AbbéBignon leur succéda à cette place éminente, qui étoit, pour ainsi dire, hérédi-taire dans fa Maison. Sous le règne de Louis-íe-Grand, ía Bibliothèque eutsuccessivement pour Gardes M. rs Carcavi, de la Poterie, les Abbés Gallois &Varès, M. 1S Clement & Boivin, auxquels íùccéda, fous la Régence, M. f Abbéde Targny, qui eut pour successeur M. f Abbé Sallier, de f Académie Françoise& de celle des Inscriptions. M. Melot, de la même Académie des Inscriptions,succéda à M. f Abbé Sallier, & a été remplacé par M. Capperonnier, de f Académiedes Inscriptions & Belles - Lettres, actuellement en exercice; & M. Bejot, decette même Académie, a remplacé M. Capperonnier dans la partie des Manuscrits.M. Bignon, Conseiller d État, mort Prévôt des Marchands de ía ville de Paris,a succédé à la charge de Bibliothécaire qu’avoit M. Bignon Ion frère, Intendantde Soissons, & son hls le remplace aujourd’hui.
Pendant ía régence de Philippe, Duc d'Orléans, & sous ie ministère duCardinal de Fleury, ía Bibliothèque du Roi reçut des acçroiíîèmens considérables,& ies Ministres qui s’en font depuis occupés, n’ont pas mis moins de foinsà I augmenter encore. M/ s Sévi n & Foumiont, envoyés dans le Levant, firent,fous les auspices de M. de Villeneuve, alors Ambassadeur à ía Porte, une richemoisson de manuscrits Persiens, Arabes & Arméniens, fur-tout de ces derniers;objet de Littérature, pour ainsi dire tout neuf, & dont M. l’Abbé de Villefroy,homme profondément verse dans les Langues orientales, a donné des noticestrès-instructives. M. le Comte de Maurepas, procura, par ía Compagnie desIndes, de nouveaux trésors littéraires en ouvrages Indiens, dont il augmentaIes richeíîës déjà acquises, & Ies Missionnaires de la Chine en firent autant deleur côté, des livres de ce vaste empire.
Sous le dernier règne, cette précieuse collection a plus que doublé, & leRoi possède aujourd’hui au moins deux cents quarante - cinq mille volumesimprimés, fans compter Ies Manuscrits, dont le nombre est prodigieux; iesChartes & Titres des grandes Maisons, ce qui devient maintenant un nouveaudépôt en cas d’accident, comme il est arrivé à la Chambre des Comptesde Paris.
C’est particulièrement au zèle de M. rs Ies Bibliothécaires en chef, aux foins,aux travaux continuels de M« rs les Gardes, qu’on doit le catalogue raisonnédes Livres qui composent cette immense & précieuse collection. Tous les Savans& ses Gens de Lettres, font des vœux pour que cette grande entreprise soit